Julie Le Breton était de passage en début de semaine à la nouvelle émission de Marie-Lyne Joncas,Le fabuleux printemps de Marie-Lyne, et elle y a abordé un sujet très personnel, soit son deuil de la maternité.
Au cours de leur entrevue, Marie-Lyne Joncas a soulevé le sujet de la pression pour les femmes d'avoir des enfants à tout prix afin d'être une femme «accomplie». Elle pose la question à Julie qui, elle, a dû faire le deuil de devenir maman contre son gré.
«C’est clair qu’il y a des moments plus rough. Mettons, c’était la fête des Mères dernièrement. C’est sûr que cette journée-là, je suis un peu [triste], je me sens un peu toute seule et comme un tout petit caca», se confie-t-elle à l'animatrice.
Marie-Lyne voulait savoir si un rôle de belle-mère ne l’intéresserait pas. Visiblement, son regard voulait tout dire: elle semble avoir donné! En effet, elle a été la belle-mère de trois adolescents et ça ne semblait pas être de tout repos.
Après avoir parlé de la magnifique carrière de la comédienne, les deux femmes discutaient candidement de leur célibat, assises sur des chaises de camping.
Surprise par le fait que la comédienne de 46 ans ne se fasse pas approcher plus que la moyenne des femmes, Marie-Lyne voulait savoir pourquoi. Celle-ci a une explication. En effet, elle a remarqué que les hommes n’osent pas l’approcher en raison de son métier, par peur d’avoir l’air «groupie». Julie Le Breton notait aussi le double standard qu’elle vit depuis quelques années. «Autant les hommes, quand ils ont une certaine reconnaissance, ça attire beaucoup les filles. Pour les filles, c'est un peu le contraire.»
À la question à savoir ce qu’elle recherchait pour son prochain homme, elle offrait une réponse simple, mais directe: «Il faut que son bagage soit en ordre [...], peu importe c'est quoi sa vie». Pour l'instant, l'amour de sa vie est sa magnifique chienne Adèle, qu'elle adore.
Celle que l'on a vu jouer la femme de Martin Matte dans Les beaux malaises lance aussi à la blague: «Il y a vraiment un manque de ressources! Ils sont où, les garçons? Ils sont tous casés?»
À la suite de la fusillade d’Uvalde au Texas, le diffuseur Netflix a ajouté un avertissement concernant la violence faite aux enfants en ouverture de la saison 4 de la série Stranger Things mise en ligne vendredi.
Publié à 11h45
André DuchesneLa Presse
La décision découle du fait que dans l’épisode 1 de la série, on voit les corps d’enfants morts et recouverts de sang. La scène, qui implique le personnage de Onze (Millie Bobby Brown) a déjà été diffusée dans un extrait de huit minutes depuis une semaine.
Or, à la suite du carnage commis mardi à l’école élémentaire Robb d’Uvalde où 21 personnes, dont 19 enfants, ont été tuées, Netflix a décidé d’apporter des précisions affirmant que le tournage de la quatrième saison a été fait il y a un an.
« Devant la récente tragédie survenue dans une école du Texas, certains téléspectateurs pourraient trouver la scène d’ouverture de l’épisode 1 dérangeante. Nous sommes peinés de cette violence inexplicable et nous sommes de tout cœur avec toutes les familles qui pleurent la perte d’un proche », a indiqué le diffuseur.
L’avertissement sera vu uniquement sur le territoire américain.
Face au tollé faisant suite à l’annonce la désignant porte-parole des 36es Nuits d’Afrique, la multipercussionniste Mélissa Lavergne a décidé de se retirer.
Publié à 10h08Mis à jour à 11h55
André DuchesneLa Presse
« Je vais me retirer du rôle de porte-parole. Mais je veux continuer à collaborer avec Nuits d’Afrique », a indiqué la musicienne et coanimatrice de l’émission Belle et Bum à La Presse. Elle se dit par ailleurs « très sensible » à la grogne exprimée sur les réseaux sociaux à la suite de sa nomination.
« La mission de Nuits d’Afrique, et c’est ce qui fait que j’ai accepté le mandat, en est vraiment une de communion, de rencontres, de métissages, d’inclusion de part et d’autre. Donc, c’est ce qui fait que je me suis sentie légitime d’accepter le mandat, poursuit-elle. Ceci dit, à la lumière de toute la grogne que ça suscite, je suis très évidemment sensible à cela et j’ai verbalisé à Nuits d’Afrique que j’avais décidé de me retirer. Je pense que c’est la bonne chose à faire pour honorer cette colère que j’entends. Après, j’ai le désir profond de collaborer avec Nuits d’Afrique. Je pense que ce serait une erreur de me sortir de la discussion. Par contre, ça m’amène à une réflexion, soit comment prendre part à la conversation sans que ce soit offensant. »
L’annonce de cette nomination a été faite mercredi, notamment sur le site Instagram de Nuits d’Afrique, avant même la tenue d’une conférence de presse qui doit avoir lieu la semaine prochaine. Dans leurs commentaires, plusieurs personnes ont exprimé un mélange d’étonnement, de scepticisme, voire de colère face à l’annonce de ce rôle offert à une femme blanche.
PHOTO TIRÉE DE LA PAGE INSTAGRAM DE NUITS D’AFRIQUE
Quelques-uns des commentaires exprimés sur la page Instagram de Nuits d’Afrique.
« Honteux. », « Mais noooooooon. », « C’est sûr que c’est une blague », « Vraiment déplorable », « What in the apartheid », a-t-on pu lire. D’autres ont envoyé des emoji de tomates aux dirigeants du festival.
Mélissa Lavergne, qui se dit « en gestion de crise » depuis hier, croit que cette annonce « par fragments » où la lumière a été projetée « sur une personnalité blanche seulement », explique le tollé ambiant.
Elle nous a aussi indiqué que Nuits d’Afrique et elle vont envoyer une déclaration d’ici la fin de la journée (vendredi). « Nuits d’Afrique tout comme moi tenons à prendre le temps de réfléchir à comment répondre à tout ça pour la suite », précise-t-elle. Vendredi matin, autour de 10 h 30, Nuits d’Afrique a retiré sa publication de sa page Instragram.
En 2021, c’est Corneille qui était le porte-parole de l’évènement. Myriam Fehmiu l’avait été en 2019 et 2020.
Invitée à commenter l’affaire, Myriam Fehmiu nous a écrit ceci : « Je comprends que ce type de nomination puisse froisser, voire choquer certaines personnes. Cette grogne démontre selon moi que les personnes afro-descendantes se sentent encore trop peu entendues, vues, représentées et considérées. Maintenant, il faut aussi voir la feuille de route impressionnante de Mélissa Lavergne, qui a voyagé, je crois même vécu en Afrique, et appris son art auprès des grands musiciens africains en tout respect de leur culture et traditions. Dès l’annonce de sa nomination, j’ai écrit à Mélissa pour la féliciter et je crois qu’elle pouvait très judicieusement être porte-parole d’un évènement autour des musiques non seulement africaines, mais aussi caribéennes et latines, et qui a pour but la rencontre des cultures à travers le langage universel qu’est la musique. Et ce dont nous avons le plus besoin en ce moment, c’est bien d’ériger des ponts entre nous. »
De son côté, on nous a dit que Corneille n'était «pas disponible pour cette entrevue ».
Face au tollé faisant suite à l’annonce la désignant porte-parole de la 36e édition de Nuits d’Afrique, la multipercussionniste Mélissa Lavergne a décidé de se retirer.
Publié à 10h08Mis à jour à 11h55
André DuchesneLa Presse
« Je vais me retirer du rôle de porte-parole. Mais je veux continuer à collaborer avec Nuits d’Afrique », a indiqué la musicienne et coanimatrice l’émission Belle et Bum à La Presse. Elle se dit par ailleurs « très sensible » à la grogne exprimée sur les réseaux sociaux à la suite de sa nomination.
« La mission de Nuits d’Afrique, et c’est ce qui fait que j’ai accepté le mandat, en est vraiment une de communion, de rencontres, de métissages, d’inclusion de part et d’autre. Donc, c’est ce qui fait que je me suis sentie légitime d’accepter le mandat, poursuit-elle. Ceci dit, à la lumière de toute la grogne que ça suscite, je suis très évidemment sensible à cela et j’ai verbalisé à Nuits d’Afrique que j’avais décidé de me retirer. Je pense que c’est la bonne chose à faire pour honorer cette colère que j’entends. Après, j’ai le désir profond de collaborer avec Nuits d’Afrique. Je pense que ce serait une erreur de me sortir de la discussion. Par contre, ça m’amène à une réflexion, soit comment prendre part à la conversation sans que ce soit offensant. »
L’annonce de cette nomination a été faite mercredi, notamment sur le site Instagram de Nuits d’Afrique, avant même la tenue d’une conférence de presse qui doit avoir lieu la semaine prochaine. Dans leurs commentaires, plusieurs personnes ont exprimé un mélange d’étonnement, de scepticisme, voire de colère face à l’annonce de ce rôle offert à une femme blanche.
PHOTO TIRÉE DE LA PAGE INSTAGRAM DE NUITS D’AFRIQUE
Quelques-uns des commentaires exprimés sur la page Instagram de Nuits d’Afrique.
« Honteux. », « Mais noooooooon. », « C’est sûr que c’est une blague », « Vraiment déplorable », « What in the apartheid », a-t-on pu lire. D’autres ont envoyé des emoji de tomates aux dirigeants du festival.
Mélissa Lavergne, qui se dit « en gestion de crise » depuis hier, croit que cette annonce « par fragments » où la lumière a été projetée « sur une personnalité blanche seulement », explique le tollé ambiant.
Elle nous a aussi indiqué qu’elle et Nuits d’Afrique vont envoyer une déclaration d’ici la fin de la journée (vendredi). « Nuits d’Afrique tout comme moi tenons à prendre le temps de réfléchir à comment répondre à tout ça pour la suite », précise-t-elle.
Vendredi matin, autour de 10 h 30, Nuits d’Afrique a retiré sa publication de sa page Instragram.
En 2021, c’est Corneille qui était le porte-parole de l’évènement. Myriam Fehmiu l’avait été en 2019 et 2020.
Invitée à commenter l’affaire, Myriam Fehmiu nous a écrit ceci : « Je comprends que ce type de nomination puisse froisser, voire choquer certaines personnes. Cette grogne démontre selon moi que les personnes afro-descendantes se sentent encore trop peu entendues, vues, représentées et considérées. Maintenant, il faut aussi voir la feuille de route impressionnante de Mélissa Lavergne, qui a voyagé, je crois même vécu en Afrique, et appris son art auprès des grands musiciens africains en tout respect de leur culture et traditions. Dès l’annonce de sa nomination, j’ai écrit à Mélissa pour la féliciter et je crois qu’elle pouvait très judicieusement être porte-parole d’un évènement autour des musiques non seulement africaines, mais aussi caribéennes et latines, et qui a pour but la rencontre des cultures à travers le langage universel qu’est la musique. Et ce dont nous avons le plus besoin en ce moment, c’est bien d’ériger des ponts entre nous. »
De son côté, on nous a dit que « Corneille n’est pas disponible pour cette entrevue ».
Andy Fletcher, membre fondateur du groupe britannique Depeche mode, est décédé à l'âge de 60 ans, a annoncé jeudi le groupe, «choqué» de ce départ «prématuré».
«Nous sommes choqués et remplis d'une immense tristesse en raison du décès prématuré de notre cher ami, membre de la famille et membre du groupe», a indiqué le groupe qui s'était formé en 1980 à Basildon, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Londres.
Né en juillet 1961 à Nottingham, Andrew Fletcher, surnommé «Fletch» était l'un des claviéristes du groupe.
«Fletch avait un véritable coeur en or et était toujours là quand vous aviez besoin de soutien, d'une conversation animée, d'une bonne rigolade ou d'une pinte fraîche», a dit Depeche Mode dans un communiqué.
«Nos pensées vont à sa famille», a ajouté le groupe demandant de «respecter leur vie privée en cette période difficile.»
Andy Fletcher laisse derrière lui Grainne, son épouse de 30 ans, et deux enfants, Megan et Joe.
Depeche Mode a vendu plus de cent millions de disques dans le monde. Parmi ses plus grands hits, Just can't get enough, Everything Counts, Never Let Me Down Again, ou Walking in my Shoes.
Pionniers de la pop synthétique au début des années 1980, ils ont fait évoluer ce genre jusqu'à s'en affranchir en s'ouvrant aux guitares au début des années 1990.
Le groupe a connu un immense succès avec l'album Violator (1990), qui comprend notamment les tubes Personal Jesus et Enjoy the Silence.
Depeche Mode avait fait ses débuts dans le top 11 des charts britanniques en juin 1981 avec son deuxième single New Life.
À l'origine, le groupe comprenait le claviériste et auteur-compositeur Vince Clarke, le claviériste, chanteur et auteur-compositeur Martin Gore, le claviériste Andy Fletcher et le chanteur et compositeur Dave Gahan.
Vince Clarke a quitté le groupe à la fin de l'année 1981 et a été remplacé deux ans plus tard par Alan Wilder.
Le dernier album studio de Depeche mode, Spirit, est sorti en 2017, et a été suivi d'une tournée en Europe et sur le continent américain.
De nombreux artistes, de la pop à la techno, se réclament aujourd'hui de leur influence.
Lol Tolhurst, batteur de The Cure, a réagi à l'annonce du décès d'Andrew Fletcher en regrettant une «très triste nouvelle».
«Je connaissais Andy et je le considérais comme un ami. Nous avons croisé de nombreuses fois les mêmes chemins quand nous étions plus jeunes», a-t-il dit.
Carol Decker, chanteuse principale du groupe T'Pau, a décrit Andrew Fletcher comme «un gars adorable», ajoutant: «J'envoie tout mon amour à ses amis de la famille et aux membres du groupe.»
(Los Angeles) L’acteur américain Ray Liotta, l’une des vedettes du film mythique sur la mafia Goodfellas de Martin Scorsese, est mort à l’âge de 67 ans, alors qu’il tournait en République dominicaine, ont annoncé jeudi les autorités de ce pays des Caraïbes.
Publié à 12h33Mis à jour à 14h28
Agence France-Presse
La vedette est morte « dans son sommeil » dans la nuit de mercredi à jeudi, a confirmé dans un communiqué transmis à la presse son agente Jennifer Allen, qui n’a donné aucun autre détail.
« Il était en compagnie de sa femme qui vous demande de respecter sa douleur », avait indiqué auparavant un porte-parole de la direction générale du cinéma de la République dominicaine, ajoutant que Ray Liotta travaillait sur place sur un long métrage intitulé Dangerous Waters, au moment de son décès soudain.
Chef-d’œuvre
Né le 18 décembre 1954, à Newark, dans le New Jersey, en face de New York, abandonné bébé dans un orphelinat, Raymond Allen Liotta est devenu une vedette mondiale pour avoir campé à l’écran le vrai gangster mafieux new-yorkais Henry Hill (1943-2012) dans le chef-d’œuvre de Martin Scorsese Les Affranchis (Goodfellas) en 1990.
L’acteur du film – qui est aussi son narrateur – crève l’écran aux côtés de Robert De Niro, et de Joe Pesci, dans ce qui est considéré par les cinéphiles comme l’un des plus grands films du genre au 20e siècle, avec la trilogie The Godfather (Le Parrain) de Francis Ford Copolla.
En 1991, le film Goodfellas avait remporté un Oscar (Joe Pesci, meilleur second rôle) et avait été nommé dans cinq autres catégories. Certaines de ces scènes, parfois ultraviolentes, et les dialogues sont entrés pour toujours dans la culture cinématographique mondiale.
L’immense vedette américaine et internationale Robert De Niro, 78 ans, lui a rendu hommage dans un communiqué transmis au média The Hollywood Reporter, se disant « très attristé » par la disparition de Liotta, « bien trop jeune pour nous quitter ».
Orphelin
Sa femme à l’écran dans Goodfellas, le personnage de Karen Hill joué par Lorraine Bracco, s’est déclarée sur Twitter « complètement brisée par l’annonce de cette terrible nouvelle ».
Pour la comédienne Jamie Lee Curtis, également sur Twitter, « son travail d’acteur a dévoilé sa complexité d’être humain » : Ray Liotta était un « gentleman ».
Le Washington Post a exhumé jeudi une archive télé de l’émission de Larry King dans laquelle il évoquait en 2014, sans ambages, le fait d’avoir été abandonné nouveau-né dans un orphelinat et adopté à l’âge de six mois.
Ayant retrouvé sa mère naturelle des années plus tard, « je m’étais rendu compte qu’elle l’avait fait pour de très bonnes raisons et que dans 99 % des cas d’adoptions, c’est pour le bien des enfants », avait alors reconnu l’acteur.
Diplômé en musique de l’Université de Miami, il commence sa carrière à la fin des années 1970 et au début des années 1980 dans un soap opera (Another World) avant d’apparaître dans des séries télévision.
Il se fait vraiment connaître du public américain en jouant dans le film de baseball Field of Dreams en 1989 au côté de Kevin Costner et, en 1986, dans Something Wild avec Melanie Griffith, qui lui avait valu une nomination aux Golden Globes comme meilleur second rôle masculin.
Pour l’une de ses dernières apparitions à l’écran en 2021, Liotta a joué dans le film Many Saints Of Newark, qui retrace les années de jeunesse du célèbre mafieux Tony Soprano, de la cultissime série télévisée éponyme.
Il avait été marié de 1997 à leur divorce en 2004 à l’actrice Michelle Grace, avec laquelle il a eu une fille.
En 1978, je suis parti de mon Gatineau natal et, entassé dans une Renault 5 avec « quatorze de mes amis », je suis allé voir le spectacle Sur le gazon, sous les étoiles, au parc Jarry. J’avais 17 ans, j’étais mince comme un clou, uniquement engraissé à la tisane et à de nombreux rêves. Ce marathon, qui commençait vers midi, rassemblait Garolou, Geneviève Paris, Raôul Duguay, Zachary Richard, Jim et Bertrand et plein d’autres.
Publié à 14h38
L’apothéose de l’évènement était bien sûr Harmonium, qui est monté sur scène très tard. Je me souviens que Serge Fiori, dieu grec de la formation, portait une tuque sans doute tricotée avec de la laine d’alpaga filée par des Péruviennes adeptes de l’ayurvéda. Le groupe avait surtout offert les chansons du disque Fiori-Séguin.
Quarante-quatre ans plus tard, la musique d’Harmonium se fait de nouveau entendre, mais cette fois dans des fauteuils confortables et sous le toit du splendide Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières. Mardi soir avait lieu en grande pompe la première du spectacle Harmonium symphonique — Histoires sans paroles issu du disque du même titre lancé à l’automne 2020.
Contrairement au parc Jarry, je n’ai pas aperçu de ponchos en macramé, de jupes paysannes et de sabots de bois. En fait, le chic gratin montréalais s’était déplacé pour cet évènement produit par Nicolas Lemieux, qui met en vedette les 64 musiciens de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et le Chœur des jeunes de Laval. Tout ce beau monde est dirigé par une Dina Gilbert très en forme.
PHOTO STÉPHANE LESSARD, LE NOUVELLISTE
Harmonium symphonique à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières
Si vous avez écouté le disque, sachez que le spectacle reprend les mêmes pièces que Simon Leclerc a arrangées en s’inspirant des trois disques d’Harmonium. Je préviens tout de suite les puristes : l’amplification de l’orchestre est puissante. Mon ancien collègue, le regretté Claude Gingras, se serait sans doute évanoui en entendant ça, lui qui a toujours défendu le son naturel des orchestres.
J’ai reçu ce programme ambitieux (le spectacle fait près de deux heures) de la même façon que j’ai accueilli le disque. Je trouve qu’il y a des moments de grâce parmi les 20 pièces offertes. Mais aussi des instants qui sonnent carrément « fanfare ». Cela est particulièrement vrai dans les passages rythmés (Aujourd’hui, je dis bonjour à la vie, Un musicien parmi tant d’autres, Harmonium).
Heureusement, d’autres musiques de Serge Fiori, Michel Normandeau et Neil Chotem se glissent nettement mieux dans ce cadre « symphonique ». Le corridor, Le premier ciel, L’exil (qui nous offre la présence de Kim Richardson) et Comme un sage procurent une bonne dose de frissons.
Évidemment, Histoires sans paroles, la pièce de résistance du disque Si on avait besoin d’une cinquième saison, est celle qui passe le mieux la rampe. Cette œuvre (qui inclut la voix chaude de Luce Dufault, des décennies après celle de Judi Richards) est déjà en quelque sorte une petite symphonie.
Et puis, il faut se le dire, les musiques de Neil Chotem, le « septième membre du groupe », qui a élevé L’Heptade à un rang supérieur grâce à ses compositions et à ses arrangements, servent merveilleusement bien ce projet. Ce maître a su dès le départ, en 1976, intégrer dans le disque (véritable chef-d’œuvre de notre patrimoine discographique) la présence d’un grand orchestre.
PHOTO STÉPHANE LESSARD, LE NOUVELLISTE
C’est la cheffe Dina Gilbert qui dirige l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières dans Harmonium symphonique.
Pour enrober tout cela, on a créé des projections qui accompagnent chacune des pièces au fond de la scène. Celles-ci ont été créées par Noise Head Studio. C’est un atout majeur au spectacle. Et puis, il y a cette mise en scène de Marcella Grimaux qui a semé une certaine perplexité chez moi. On fait descendre du plafond un homme assis sur un banc de parc qui représente en quelque sorte « le crisse de fou qui marche au-dessus d’la ville », l’être tourmenté et isolé imaginé par Fiori pour le disque L’Heptade.
Un jeune garçon, sorte de Petit Prince, apparaît. Il rejoint l’homme grâce à une immense échelle. L’image est forte, d’une poésie sans fin. Sauf que… On a l’impression qu’on ne sait pas quoi faire avec cette idée. Ça s’étiole. On attend qu’il se passe quelque chose, en vain. Après un moment, j’ai cessé de me demander ce qu’on tentait de me raconter pour me concentrer sur la musique.
À cela s’ajoutent des lapins qui vont et viennent sur scène de façon énigmatique. Plusieurs se sont demandé ce qu’ils faisaient là. En fait, il s’agit d’un joli clin d’œil à la pochette de Si on avait besoin d’une cinquième saison créée par Louis-Pierre Bougie, un fabuleux artiste visuel disparu en janvier 2021.
Malgré ces quelques bémols, on sent que le public a un plaisir immense à renouer avec la musique de ce groupe mythique. Il n’était pas rare d’entendre des gens fredonner des airs. La machine à souvenirs travaille fort.
Il faisait frais mardi. Le vent du fleuve faisait son œuvre. Mais on était bien. Les deux dernières années étaient soudainement loin derrière nous. En ce sens, ce spectacle vaut sans doute tous les vaccins du monde.
PHOTO STÉPHANE LESSARD, LE NOUVELLISTE
Serge Fiori a fait l’accolade à la cheffe Dina Gilbert après le spectacle.
Spectateurs bavards
Avons-nous oublié comment nous comporter en société durant la pandémie ? Toujours est-il qu’il y avait plusieurs spectateurs bavards mardi soir. À côté de moi, verre d’alcool à la main, quatre spectateurs n’ont pas arrêté de discuter durant les deux heures du spectacle. Derrière moi, une femme chantait les paroles à voix haute.
On avait beau fixer ces gens avec un regard insistant ou leur faire signe de se taire, il n’y avait rien à faire. Ils étaient chez eux.
Dimanche dernier, je suis retourné voir le magnifique spectacle Pour une histoire d’un soir à la salle Maisonneuve. Des spectateurs sur le party ont lancé leur verre sur des gens qui leur demandaient de s’asseoir. Il s’en est suivi une escarmouche qui a duré de longues minutes. Tout cela durant une chanson particulièrement poignante de Joe Bocan.
C’était franchement gênant.
Un petit rappel pour ceux qui auraient oublié ce principe : à la maison, devant la télé, on a le droit de jaser. Dans une salle de spectacle ou de théâtre, on se ferme la trappe !
On s’entend là-dessus ?
La beauté de Trois-Rivières
L’un des plaisirs d’une visite à l’Amphithéâtre Cogeco, c’est qu’elle permet de pouvoir marcher dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières avant le spectacle. Dieu que cette ville est belle ! La rue des Ursulines est sans doute l’une des plus belles avenues du Québec.
Une chose m’a frappé et c’est la façon dont les propriétaires des immeubles historiques de la rue des Forges rénovent et bichonnent leur propriété. Rien à voir avec ceux de la Plaza Saint-Hubert ou d’autres rues de Montréal qui laissent pourrir leurs immeubles pendant des décennies en attendant d’empocher le pactole.