Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a suspendu sans solde cinq employés non vaccinés après qu’ils eurent refusé de se soumettre à des tests de dépistage de la COVID-19.
Le dépistage est obligatoire depuis le 15 octobre dernier pour les personnes non vaccinées, qui doivent subir au moins trois tests par semaine.
Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a suspendu sans solde 5 employés non vaccinés qui refusaient les tests de dépistage, obligatoire depuis le 15 octobre. Les employés ont été avertis plusieurs fois avant d’être suspendus. @tvanouvelles@tvaqc
«Lorsqu’un intervenant n’est pas vacciné, il met à risque non seulement les usagers, souvent vulnérables, avec qui il est en contact, mais également ses collègues de travail», a indiqué, lundi, dans un courriel, Mélanie Otis, coordonnatrice aux relations médias du CIUSSS de la Capitale-Nationale.
Selon les informations de TVA Nouvelles, les employés en question avaient été avertis à plusieurs reprises.
«Comme la réaffectation n’était pas possible pour ces employés, ils ont été retirés de l’horaire et ne reçoivent aucune rémunération pour une durée indéterminée, et ce, jusqu’à ce qu’ils acceptent de se faire dépister ou qu’ils soient adéquatement vaccinés», a poursuivi Mme Otis.
On ignore pour l’instant à quel endroit travaillaient ces personnes.
De leur côté, les syndicats contactés par TVA Nouvelles n’ont pas voulu commenter la situation, mais ils ont toutefois réitéré qu’ils encourageaient leurs membres à se faire vacciner contre la COVID-19.
Le CIUSSS a par ailleurs noté que plus de 96% du personnel du CIUSSS de la Capitale-Nationale est adéquatement vacciné.
Rappelons enfin que la vaccination obligatoire des employés de la santé doit entrer en vigueur le 15 novembre prochain.
Le 21 octobre dernier, Alec Baldwin a tiré accidentellement sur la directrice de la photographie lors d'un tournage, la blessant mortellement. Quelques jours après les faits, l'acteur américain a décidé de rompre le silence.
Depuis l'accident tragique qui s'est produit le 21 octobre dernier, Alec Baldwin ne s'était pas encore exprimé sur le drame qu'il a vécu. Il a décidé enfin de briser le silence en expliquant que le tournage du film, sur lequel la directrice de la photographie est décédée, ne reprendrait pas. L'acteur a également montré tout son désarroi et sa tristesse par rapport à cette situation."Un Alec Baldwin très ému et extrêmement marqué qui s'est exprimé", explique Loïc de la Mornais, journaliste pour France Télévision, en direct de Washington (États-Unis).
Très marqué et affecté, l'acteur et producteur américain a décidé de répondre à une horde de journalistes alors qu'il marchait avec sa femme."Elle était mon amie. Le jour où nous étions arrivés, on a dîné tous ensemble avec le réalisateur", raconte-t-il avant de poursuivre : "On était très proche, nous étions très soudés avant que cette horreur ne se produise." L'enquête suit son cours pour déterminer la responsabilité de chacun dans cet événement tragique.
Le musicien, compositeur et arrangeur Michel Robidoux, qui sera associé à jamais à la musique de «Passe-Partout», de l’«Osstidcho» et du mythique album «Jaune», est décédé dimanche d’un cancer. Il avait 78 ans.
Audiogram a confirmé le mort de M. Robidoux à l’Agence QMI, tôt lundi matin, puis l’une de ses trois filles, Myriam Sauvage, a rendu hommage à son père au cours d’un entretien téléphonique.
«J’aimerais qu’on retienne de mon père son amour de la musique et de la vie, a-t-elle dit. C’était un homme généreux, doux et bon, qui était aimé de tous. Ç’a été un bon papa, j’étais très proche de lui, c’était mon confident et mon meilleur ami.»
Mme Sauvage a de plus souligné que M. Robidoux avait «beaucoup de plaisir dans la vie, il a partagé énormément et fait de belles choses».
«Je reçois une tonne de témoignages depuis l’annonce de son décès ce matin. Il a touché beaucoup de gens par sa musique et par sa nature douce, son sens de l’humour», a-t-elle complété.
Michel Robidoux, à qui l’on doit des centaines de chansons, a obtenu cinq prix Félix au Gala de l’ADISQ, dont trois en 1982, 1983 et 1986 dans la catégorie Album pour enfants de l’année pour «Passe-Partout, vol. 2», «Passe-Partout, vol. 4» et «Passe-Partout, vol. 6».
Un autre Félix lui a été attribué en 1985 à titre d’arrangeur de l’année pour «Le Noël de Cannelle et Pruneau» ainsi qu’un cinquième en 2003 pour l’Album country de l’année pour «Chansons consignées, Les Ours». Plusieurs autres honneurs ont ponctué sa longue carrière amorcée en 1959.
Pour l’«Osstidcho», il a collaboré avec Robert Charlebois, Yvon Deschamps et Louise Forestier. Il est aussi associé à l’album «Jaune» de Jean-Pierre Ferland et à la pièce «Le petit roi», en plus d’avoir travaillé avec le regretté Leonard Cohen pour l’album «I’m Your Man».
En 2017, il avait lancé l’album «Robidoux premier», regroupant ses pièces les plus connues avec la complicité entre autres de Pierre Lapointe, Catherine Major et Ariane Moffatt.
Sur Twitter, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a rendu hommage à Michel Robidoux lundi matin. «Le Québec vient de perdre un grand homme de musique. J’offre mes plus sincères condoléances à la famille et aux amis de ce compositeur. Bon repos Michel Robidoux, des générations ont fredonné tant de vos œuvres, de Passe-Partout à l’Osstidcho...», a-t-elle écrit.
🕊Le Québec vient de perdre un grand homme de musique. J’offre mes plus sincères condoléances à la famille et aux amis de ce compositeur.
Bon repos Michel Robidoux, des générations ont fredonné tant de vos œuvres, de Passe-Partout à l’Osstidcho… 🎵
Sur le réseau social, outre Mme Roy, plusieurs personnalités et organisations ont salué l’apport de Michel Robidoux à la culture québécoise, dont la SOCAN, Philippe Brault et Stéphane Venne.
«Mon ex-complice-guitariste-compositeur-arrangeur Michel Robidoux est mort ce matin. Les compositeurs d'aujourd'hui devraient écouter les intros de LePetitRoi, de PassePartout, de ResteÀdormir. C'est lui. Il savait faire des intros. Et des intros, vraies, chantantes, IL EN FAUT!» a partagé M. Venne sur Twitter.
Le musicien et arrangeur Philippe Brault a dit de son côté: «La chance que j’ai [eue] de le connaître et de passer du temps en studio avec lui et ses yeux d’éternel enfant émerveillé, je garde ça en moi très précieusement. L’éternel petit roi».
Soulignons que Michel Robidoux était le fils de Fernand Robidoux, qui fut le premier interprète à enregistrer des chansons originales québécoises, et de la comédienne et musicienne Jeanne Couët. Il est né le 10 juillet 1943 à East Angus, en Estrie.
Outre sa fille Myriam, Michel Robidoux laisse dans le deuil ses filles Michèle et Chloé ainsi que quatre petits-enfants. Les détails entourant ses funérailles n’étaient pas connus au moment d’écrire ces lignes, lundi.
(Londres) La reine Élisabeth II, dont l’état de santé inquiète dernièrement les Britanniques, a été photographiée au volant d’une voiture sur ses terres du château de Windsor, où elle se repose sur les conseils de ses médecins.
Agence France-Presse
Des photos publiées dans la presse britannique montrent la monarque de 95 ans seule à bord du véhicule, une Jaguar verte, portant des lunettes de soleil et un foulard sur ses cheveux.
La reine a été mise au repos le 20 octobre, au lendemain d’une réception au château de Windsor où elle était apparue devisant avec son premier ministre Boris Johnson et l’homme d’affaires américain Bill Gates.
Sur avis de ses médecins, la souveraine doit renoncer à tout déplacement officiel pendant au moins deux semaines, a annoncé vendredi soir le palais de Buckingham.
Elle pourra néanmoins continuer à mener des « tâches légères », y compris des audiences en visioconférence, a précisé le palais.
Sa dernière apparition aux yeux du public remontait à jeudi, lorsqu’elle avait remis pendant une audience par visioconférence la médaille d’or de la poésie au poète anglais David Constantine. Une vidéo de 24 secondes diffusée par le palais la montre souriante, discutant par écrans interposés avec le poète.
Élisabeth II, dont l’époux, le prince Philip, est décédé en avril à l’âge de 99 ans, a été vue récemment en train de marcher avec une canne, une première depuis 2004.
Boris Johnson, qui s’entretient avec elle chaque semaine, a néanmoins assuré lors d’une interview samedi que la cheffe d’État était « en très bonne forme » et qu’elle devait « simplement suivre les conseils de ses médecins et prendre du repos ».
La reine a ainsi renoncé à se rendre à la conférence sur le climat de l’ONU, la COP26, qui se déroule pendant deux semaines à Glasgow.
Elle doit aussi annuler sa participation au festival du souvenir le 13 novembre, qui rend hommage aux soldats britanniques et du Commonwealth, mais elle « garde la ferme intention » d’être présente à l’évènement qui marque le dimanche du souvenir le lendemain autour du cénotaphe à Londres, précise le communiqué royal publié vendredi.
Après la publicationde ma chronique de samedisur l’affaire Mike Ward/Jérémy Gabriel, une lectrice m’a écrit : « Rire des autres, ce n’est pas de l’humour ».
Désolée Lise, mais dire ça c’est comme affirmer : « La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire du mal ».
Si on interdit aux humoristes de rire de qui que ce soit, ils vont tous devoir changer de métier...
ON N’EST PAS OBLIGÉ D’ÊTRE D’ACCORD
J’ai reçu de nombreux courriels de lecteurs fâchés de ma position parce que je me réjouissais de la « victoire » de Ward. C’est normal.
Une décision comme celle de la Cour suprême nous met face à un dilemme fondamental : peut-on à la fois défendre la cause de la liberté d’expression ET trouver que la blague de Ward était dégueulasse ?
« Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. »
Je pensais à cette citation de George Orwell vendredi quand j’ai appris la décision de la Cour suprême.
Quand les juges majoritaires disent que la liberté d’expression « présuppose la tolérance de la société envers les expressions impopulaires, désobligeantes ou répugnantes », c’est exactement à ça qu’ils font référence : la liberté d’expression ne peut pas s’arrêter quand les propos sont choquants ou dérangeants.
Autrement dit, la société ne peut pas penser comme Steven Guilbault, ancien ministre du Patrimoine, qui avait déclaré à Tout le monde en parle : « Notre droit s’arrête là où la blessure de quelqu’un d’autre commence ».
Ce que la Cour suprême a statué vendredi est d’une importance capitale. Lisez ce que les juges majoritaires écrivent au paragraphe 82, quand ils se demandent comment « résoudre le conflit entre le droit à la liberté d’expression et le droit à la sauvegarde de sa dignité » : « Un droit de ne pas être offensé [...] n’a pas sa place dans une société démocratique ».
MÉCHANT, HONTEUX
On ne peut que remercier les juges d’avoir rappelé l’importance fondamentale de trois critères qu’on devrait inscrire en majuscules à l’entrée des salles de spectacle :
Le contexte. Une blague sur une scène ce n’est pas la même chose qu’un commentaire dans une conférence ou une déclaration officielle.
Le premier degré : c’est la base du métier d’humoriste que ses propos soient pris au deuxième degré et pas au pied de la lettre.
La discrimination. Ce n’est pas parce que tu fais une blague sur une personne qui est membre d’une minorité X que ça constitue de la discrimination envers la minorité X.
L’HUMOUR BÊTE ET MÉCHANT
Dans son bouquin Le livre offensant, Guy Nantel consacre un chapitre complet à l’affaire Ward/Jérémy.
Selon Nantel (qui avait prévu que Ward gagnerait sa cause), le danger avec ce dossier c’est qu’on finisse par dire : « Les humoristes ont le droit de faire des blagues, mais leurs cibles ne doivent pas en souffrir. » Ce qui serait absurde.
Ah oui, en passant, Le livre offensant est le livre québécois le plus vendu cette semaine selon le palmarès de Renaud-Bray...
Ça veut peut-être dire qu’on est très nombreux à en avoir assez de la rectitude politique et des Offensés Permanents.
Chaque semaine,Le Journal, en collaboration avec la firme Léger, dévoile un coup de sonde sur une variété de sujets qui vous touchent de près ou de loin. Notre baromètre mesure ainsi ce qui vous fait vibrer ou sourciller en tant que Québécoise et Québécois, jeune et moins jeune, francophone, anglophone ou allophone, à Montréal ou en région.
19. Trivial Pursuit (Quelques arpents de pièges) :4 %
20. Dominos :4 %
21.Loups-garous :4 %
22. Catan :3 %
23. Jour de paye :3 %
24. Blokus :3 %
25. Mastermind :2 %
► Méthodologie
Un sondage web a été réalisé du 23 au 25 octobre 2021 auprès de 1004 Québécois(es), âgé(e)s de 18 ans ou plus et pouvant s’exprimer en français ou en anglais. À l’aide des données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la région, le niveau d’éducation ainsi que la présence d’enfants dans le ménage afin de rendre l’échantillon représentatif de l’ensemble de la population à l’étude. À titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1004 répondants est de + ou - 3,1 %, et ce, 19 fois sur 20.
Philippe Léger,Le Journal de Montréal
Le constat
Les classiques règnent encore. Monopoly est au sommet du baromètre, suivi par le Scrabble, les casse-têtes, UNO et les mots croisés. Hormis le Monopoly, ce sont tous des jeux assez simples. Mais qu’apprécions-nous le plus de ces jeux, le jeu en tant que tel ou l’ambiance ? Existe-t-il un remède plus efficace aux maux de la vie qu’une tablée réunie autour d’un jeu le temps de quelques heures ?
La surprise
Notre genre peut définir notre appréciation des jeux de société. Les hommes préfèrent systématiquement les jeux de guerre et de compétition, comme le Monopoly, les échecs, Risk et Catan. Les femmes, de leur côté, affectionnent davantage les jeux de patience et de réflexion, tels que le Scrabble, les casse-têtes et Mastermind.
La déception
Deux seuls jeux présents au baromètre auraient été créés au Québec. L’osti d’jeu par le Randolph Pub et Trivial Pursuit, qui aurait été créé par deux journalistes de la Gazette après une soirée arrosée. Et 100 millions d’exemplaires vendus plus tard, il convient de dire qu’il sort parfois du bon de ces soirées tardives !
AU QUÉBEC, ON PASSE À GO !
Sophie Durocher,Le Journal de Montréal
Alors comme ça, le jeu préféré des Québécois, c’est le Monopoly ? Attendez un instant... Dans la « vraie vie », on a de la difficulté à se loger à prix abordable, la préoccupation principale des citadins est d’avoir un toit sur la tête qui ne leur coûte pas un bras, il y a une flambée des prix des maisons, mais... pour se changer les idées, on joue à un jeu où le gagnant est celui qui acquiert le plus possible de terrains, maisons ou hôtels, et qui s’en met plein les poches en nous chargeant des loyers exorbitants ?
La moitié du monde en arrache, les pauvres se sont appauvris pendant la pandémie, Elon Musk a fait 36 G$ en une seule journée, mais nous, on se « détend » en jouant à un jeu qui fait l’apologie du capitalisme sauvage ?
Ben coudonc, on s’amuse comme on peut !
Mais il y a une grande différence entre le Monopoly et la vraie vie : dans le jeu de société, tout le monde reçoit le même montant au début de la partie et c’est à chacun de le faire fructifier. Dans la « vraie vie », il y en a qui viennent au monde avec un gros paquet et d’autres qui n’ont même pas une carte « Passez go, réclamez 200 $ ».
Ironique Scrabble
Je suis surprise que Trivial Pursuit, qui a bercé ma jeunesse, ne soit pas plus populaire que ça en 2021, mais c’est sûrement parce qu’on s’est tannés des petits Jo-Connaissant qui avaient toujours toutes les bonnes réponses.
Mais avouez que c’est ironique que ce soit le Scrabble qui est le deuxième jeu le plus populaire dans le cœur des Québécois. Au rythme où on interdit les mots, il n’y aura bientôt plus de lettres qu’on aura le droit de placer sur le jeu de Scrabble !
► Faites la différence.
Les résultats de ce sondage vous font réagir ? Envoyez-nous vos lettres d’opinion pour participer à la discussion à l’adresse suivante : faitesladifference@quebecormedia.com
► Vous aimeriez vous aussi répondre à des sondages?
Lancez-moi des roches si vous voulez, mais le numéro de Mike Ward sur « le p’tit Jérémy », je l’avais ri à l’époque.
Je suis une spectatrice de Mike Ward, tout en sachant que son humour n’est vraiment pas pour tout le monde. Ward, c’est un peu comme la porno : on est gêné de dire qu’on aime ça. Dans ses shows, une partie du plaisir vient de se sentir mal à l’aise de rire, car oups, ça sort tout seul, comme une éjaculation précoce.
Il pratique un humour noir, cru, cruel et vulgaire, et il y a un public pour ça, en général majeur et vacciné. Je connais autant de gens qui le détestent que de gens qui l’adorent – notamment des personnes handicapées qui ont parfois un humour plus crunchy que celles qui les défendent. Car il est possible de rire de tout le monde, Jean-Marc Parent l’a prouvé avec son célèbre numéro sur un paraplégique.
Mais 10 ans plus tard, je me demande si je fais partie de la lie de l’humanité parce que j’ai ri à la blague du « p’tit Jérémy », décrite comme l’une des choses les plus répugnantes jamais entendues sur scène, d’après ce que je lis un peu partout.
Ce segment ne durait que deux ou trois minutes dans le show de Ward, qui s’attaquait notamment aux intouchables chez les personnalités publiques du Québec.
Tout l’humour reposait sur le fait que, justement, on ne pouvait pas vraiment rire de Jérémy Gabriel, un enfant avec un handicap qui avait chanté pour le pape, et dont l’exploit tournait en boucle à tous les bulletins de nouvelles.
Nous avons tous été touchés par cette histoire, mais à un moment donné, la frénésie médiatique, avec des relents bizarres de catholicisme, nous donnait l’impression que Jérémy était victime d’exploitation.
Le comique du sketch provenait du personnage de Ward sur scène qui croyait que Jérémy avait une maladie incurable – alors qu’il est atteint du syndrome de Treacher Collins. Dans le numéro, Mike Ward prend la défense du garçon, veut qu’il vive son rêve, et finit par être exaspéré qu’il ne meure pas, se sentant victime d’un chantage émotif. On riait plus de la stupidité du personnage que de ses propos envers le handicap de Jérémy, dans mon souvenir.
En sortant du show, je ne ressentais aucun mépris envers cet enfant, que je trouvais cute, en vérité. Mais Mike Ward avait mis le doigt sur un malaise.
J’ai couvert le festival Juste pour rire pendant plus de 10 ans – au risque parfois d’y laisser ma santé mentale, parce que bouffer de l’humour à trop haute dose peut finir par enlever le goût de rire et par rendre dépressif. J’en ai entendu de toutes les sortes, parfois pires que celles de Ward. Des jokes plates, paresseuses, sexistes, racistes et homophobes, en tout cas, qui passeraient vraiment moins bien aujourd’hui. Mais en sortant d’un show de Mike Ward, je n’ai jamais eu l’impression de participer à un discours haineux. Extrêmement niaiseux et grossier par moments, mais pas haineux.
Parce qu’il pratique un humour « noir », Mike Ward n’a pas que des lumières dans son public. On oublie un truc à l’origine de cette saga judiciaire qui s’est terminée en Cour suprême par une victoire serrée en faveur de l’humoriste. Ces propos choquants qui auraient dû rester dans la pénombre d’un show entre adultes consentants sont sortis du contexte de la salle en même temps que les réseaux sociaux prenaient leur envol en 2010. L’intimidation inacceptable et réelle dont a été victime Jérémy Gabriel a beaucoup été le fait d’imbéciles, fans de Ward ou non, qui adorent martyriser les autres derrière leurs claviers. Ils se sont acharnés sur Gabriel et le font encore aujourd’hui.
Même si je comprends ce que Mike Ward a voulu défendre, j’aurais aimé sentir plus de compassion de sa part envers un garçon qui était la cible d’abrutis passés de l’humour à l’agression. Car ce qui est troublant aussi dans cette longue querelle, c’est que Gabriel et Ward ont reçu autant de menaces de mort l’un et l’autre de la part des plus crinqués par le débat.
Pour être franche, j’aurais préféré que ça se règle à l’amiable dès le début, quitte à enlever ce segment du spectacle, mais les choses se sont envenimées. Et ça s’est rendu jusqu’en Cour suprême, avec beaucoup de douleurs en chemin.
Malgré tout, j’ai été satisfaite de la décision des juges, qui aurait causé un précédent si elle avait donné raison à Jérémy Gabriel. Ce serait intenable de faire de l’humour avec la menace de poursuites, ce qui n’empêche en rien la critique, le débat, et même des manifs si un humoriste décide de jouer avec le feu. Mais il s’agit d’une victoire un peu amère, quand on sait que les intimidateurs de Gabriel vont continuer de sévir. Mike Ward a d’ailleurs été plutôt tranquille dans sa réponse après le jugement jusqu’à présent, et j’espère qu’il le restera.
En revanche, j’ai envie d’ajouter que pendant cette querelle d’une décennie, on a vu Jérémy Gabriel devenir un adulte. Un jeune homme brillant et courageux, qui forçait l’admiration, quand toute une industrie millionnaire était contre lui. Je l’ai trouvé très digne dans sa réaction au jugement. « Au cours de ces 10 années de combat, j’aurai plus appris sur l’humiliation que j’aurais souhaité en apprendre dans toute une vie », a-t-il déclaré, en rappelant combien cette saga lui avait coûté personnellement, mais qu’il ne regrettait en rien son combat. « S’il y a une leçon que j’ai apprise, c’est qu’il ne faut jamais sous-estimer la valeur de nos combats ni la force de nos convictions. Vous êtes tous à la hauteur des principes que vous défendez, vous en valez tous la peine. »
Cette dernière phrase m’a fait monter les larmes aux yeux, car elle vaut aussi pour Mike Ward, au fond.
Jérémy Gabriel est devenu bien malgré lui une figure publique, et j’ai le sentiment qu’il ira loin. Avec ce qu’il a vécu comme attaques pendant des années, dans cette période fragile de la vie où on cherche sa place et son identité comme adolescent, quand on n’a pas l’aura d’un Mike Ward, je l’ai trouvé plus que solide. Je n’ai que du respect pour lui et je le verrais bien faire de la politique. Il en a l’étoffe, et la couenne assez dure pour cette jungle.