Le Festival d’été 2021 n’est peut-être pas comme les autres, il y a quand même des traditions qui ne se perdent pas : par exemple, celle de demander à des vétérans au crépuscule de leur carrière de venir y chanter leurs grands succès.
Dans cette programmation exceptionnellement toute québécoise, ce sont Paul Piché et Michel Pagliaro qui ont rempli, admirablement bien, ce mandat de puiser dans leurs souvenirs pour le plus grand bonheur d’un public qui ne voulait que ça, samedi soir, au Manège militaire.
Premier à s’exécuter, à 18h30, Paul Piché a répondu à l’appel avec une générosité qui en était parfois déconcertante.
Seul à la guitare, il a revisité ses plus grands succès « tels que je les ai composés et présentés à mes musiciens », a-t-il expliqué, entre deux gorgées de sa boite de jus Oasis.
Avec une fougue et une bonne humeur belle à voir, il a joué tous les classiques de son album phare, À qui appartient l’beau temps?
L’entrainante Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir, second titre au programme, a facilement mis la foule, très réceptive, dans le coup tandis qu’Heureux d’un printemps et Mon Joe ont rassasié les nostalgiques qui les réclamaient à grands cris.
Quelques succès de l’album Sur le chemin des incendies de même qu’une inédite, qu’il a intitulée Celui, ont aussi jonché un parcours musical sans faute.
Bavard
On a eu Paul Piché le chanteur et Paul Piché le conteur. Entre ses chansons, l’artiste de 67 ans racontait systématiquement une anecdote, souvent amusante, reliée au titre suivant.
L’opération a bien fonctionné jusqu’à la seconde partie du concert quand des interventions trop longues et qui tournaient en rond ont cassé le rythme et aiguisé notre patience.
Laquelle patience a été récompensée lorsque, avant de quitter la scène, Paul Piché a livré une formidable et émouvante version, a capella s’il vous plaît, de L’escalier.
Une preuve de plus, s’il en fallait une, que nous avions devant nous un des grands de la chanson d’ici.
Pag: le rock dans la peau
Dans un créneau infiniment plus rock, Michel Pagliaro a aussi fouillé généreusement dans sa boite à souvenirs, en fin de soirée. Quoiqu’étant donné qu’il n’a pas lancé d’album depuis plus de trente ans, ça lui aurait été difficile de faire autrement.
Il reste qu’à 72 ans, le bon vieux Pag en a encore dedans. Le rock, il l’a dans la peau.
Ses éternelles lunettes fumées dans le visage, vêtu de jean des pieds aux épaules et soutenu par trois excellents musiciens, il a passé en revue de vieux titres blues, rock et country de son répertoire des années 1970 et joué ses plus grands succès, de L’espion à J’entends frapper en passant par What The Hell I Got et Les bombes, avec une énergie de tous les instants et sans défaillance vocale notable.
La plus attendue, du moins de la part d’un type au fond de la salle qui l’a demandée pendant une bonne heure avant que Pag la joue? La ballade Rainshowers, insérée à mi-parcours pour ralentir le rythme trépidant du concert.
La pause n’a pas été longue, gracieuseté de l’explosif enchainement Dangereux, Ti-Bidon et Émeute dans la prison. Notre rockeur national avait la foule dans sa poche.
► Ça se poursuit, dimanche soir, toujours au Manège militaire, avec Steve Hill et Matt Lang, à 18h30 et 21h30.
Des vétérans généreux de leurs souvenirs | JDQ - Le Journal de Québec
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