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Sunday, June 5, 2022

24e Gala Québec Cinéma | Double triomphe : Les oiseaux ivres et Hélène Florent ! - La Presse

Avec 10 trophées Iris, dont ceux attribués au meilleur film, à la meilleure réalisation et au meilleur scénario, Les oiseaux ivres, d’Ivan Grbovic, est le vainqueur incontestable du 24e Gala Québec Cinéma, marqué aussi par le triomphe d’une actrice primée deux fois !

Publié à 16h09 Mis à jour à 22h50
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Cela ne s’était encore jamais vu dans l’histoire du Gala Québec Cinéma. Il y avait déjà eu au fil des ans, mais très rarement, des acteurs cités deux fois la même année dans les catégories d’interprétation – Luc Picard en 2002 et Robin Aubert en 2020, notamment –, mais jamais encore deux prix d’interprétation n’avaient été remis le même soir à une seule et même personne. C’est l’exploit qu’a accompli Hélène Florent en étant sacrée meilleure actrice dans un premier rôle, grâce à sa performance dans Les oiseaux ivres, et en remportant aussi, grâce à Maria Chapdelaine, l’Iris attribué à la meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien.

PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS OPALE

Hélène Florent dans Les oiseaux ivres, un film d’Ivan Grbovic.

Déjà émue en recevant le tout premier trophée de la soirée, celui attribué à la meilleure actrice de soutien (« J’ai tellement aimé jouer cette femme »), celle qui a prêté ses traits à la mère de Maria Chapdelaine était abasourdie quand son nom a été appelé une deuxième fois, cette fois pour le prix de la meilleure actrice.

« C’est un privilège d’avoir pu jouer dans votre terrain de jeu ! », a-t-elle déclaré en s’adressant à Sara Mishara et Ivan Grbovic, qui ont écrit le scénario des Oiseaux ivres (dont Ivan Grbovic a assuré la réalisation).

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR QUÉBEC CINÉMA

Hélène Florent a obtenu deux prix d’interprétation lors du 24e Gala Québec Cinéma.

Je veux accorder une mention spéciale aux travailleurs saisonniers. Ce projet est mémorable, unique !

Hélène Florent au sujet du film Les oiseaux ivres

Les deux longs métrages pour lesquels Hélène Florent a été primée partaient pratiquement à égalité au début de la course – 17 citations pour Les oiseaux ivres et 16 pour Maria Chapdelaine –, mais l’excellent film d’Ivan Grbovic, qui a représenté le Canada aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international plus tôt cette année, est finalement ressorti triomphal de la soirée.

Les oiseaux ivres, produit par Luc Déry et Kim McCraw, a en effet récolté 10 trophées Iris : meilleur film, meilleure réalisation (Ivan Grbovic), meilleur scénario (Sara Mishara et Ivan Grbovic), meilleure interprétation féminine dans un premier rôle (Hélène Florent), meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien (Claude Legault avait préparé un message vidéo), meilleure direction photo (Sara Mishara), meilleur montage (Arthur Tarnowski), meilleure musique originale (Philippe Brault), meilleur son (Olivier Calvert, Stephen de Oliveira, Bernard Gariépy Strobl) et meilleure distribution des rôles (Nathalie Boutrie).

PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS OPALE

Onze ans après avoir été sacré meilleur acteur grâce à sa performance dans 10 1/2, un film réalisé par Podz, Claude Legault a reçu l’Iris de la meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien grâce au film d’Ivan Grbovic, Les oiseaux ivres.

« On ne fait pas du cinéma pour obtenir des prix, mais il est certain que ces trophées font plaisir, ont déclaré Sara Mishara et Ivan Grbovic dans la salle de presse. Nous sommes d’autant plus ravis parce que le film a pu faire son chemin, malgré la pandémie. »

Rappelons que Les oiseaux ivres raconte le parcours d’un travailleur saisonnier (interprété par Jorge Antonio Guerrero, un acteur révélé au monde grâce à Roma, d’Alfonso Cuarón) et de la famille qui l’embauche au Québec, accueillante, mais minée de l’intérieur par des conflits intimes.

D’autres films au tableau d’honneur

Même si Les oiseaux ivres a dominé la soirée, quelques autres productions ont quand même pu s’inscrire au tableau d’honneur. Maria Chapdelaine a été primé dans quatre catégories. En plus de l’Iris attribué à Hélène Florent dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien, le très beau film de Sébastien Pilote a valu à Sara Montpetit, l’interprète de Maria, le prix de la révélation de l’année, en plus de se distinguer grâce aux costumes (Francesca Chamberland) et aux coiffures (Martin Lapointe).

PHOTO FOURNIE PAR SPHÈRE FILMS

Maria Chapdelaine, de Sébastien Pilote, a notamment valu à Sara Montpetit l’Iris de la Révélation de l’année, et à Hélène Florent l’Iris de la meilleure interprétation féminine – rôle de soutien.

L’arracheuse de temps, un conte écrit par Fred Pellerin et porté à l’écran par Francis Leclerc, a été honoré dans les catégories direction artistique, effets visuels et maquillages, alors que Norbourg, cité six fois, a valu à Vincent-Guillaume Otis l’Iris de la meilleure interprétation masculine dans un premier rôle. Dans ce film réalisé par Maxime Giroux, il y incarne Éric Asselin, bras droit discret et inconnu du fraudeur Vincent Lacroix.

Norbourg est un tabarouette de bon film, mais il rappelle aussi que des gens se sont fait voler leur vie. Il est un peu ironique que je reçoive un prix pour avoir joué celui qui en est le responsable, alors permettez-moi de le dédier aux victimes.

Vincent-Guillaume Otis

Sin La Habana, très beau film de Kaveh Nabatian relatant le parcours d’un danseur afro-cubain quittant son pays pour émigrer à Montréal, a par ailleurs obtenu l’Iris très convoité du meilleur premier long métrage. Bootlegger, de Caroline Monnet, raconte le parcours d’une avocate revenant dans sa communauté autochtone et a obtenu l’Iris du film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec. Le prix du public a par ailleurs été attribué à Sam, un film de Yan England construit autour du parcours d’un nageur de haut niveau devant remettre en question sa carrière sportive. Il est à noter que le cinéaste avait reçu le même prix il y a cinq ans, grâce à 1 : 54.

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR QUÉBEC CINÉMA

Le prix du public a été attribué à Sam, un film de Yan England

« C’est une belle marque d’amour envers Sam, a lancé Yan England avant de souligner l’apport de l’équipe du film. Ça me touche énormément. »

Malgré ses six sélections, Aline, dont le succès fut beaucoup plus mitigé au Québec qu’en France, n’a pu transformer aucune de ses citations en trophée.

Trois Iris pour Comme une vague

On pourrait dire que le long métrage documentaire Comme une vague est l’autre grand gagnant de la soirée. L’essai de Marie-Julie Dallaire sur le pouvoir de la musique, auquel Jean-Marc Vallée avait donné son aval en en devenant le producteur exécutif, a obtenu pas moins de trois trophées, soit ceux attribués au meilleur long métrage documentaire, à la meilleure direction photo (Tobie Marier Robitaille et Josée Deshaies) et au meilleur montage (Louis-Martin Paradis).

« Jean-Marc [Vallée], t’as pas idée du cadeau que tu nous as fait en t’associant au film. Tu devrais être ici ! », a déclaré la cinéaste.

Toujours dans les catégories réservées aux longs métrages documentaires, l’Iris du meilleur son a été décerné au film Les fils (Bruno Bélanger, Manon Cousin, Louis-Philippe Amiot, Ivann Uruena et René Portillo) et celui de la meilleure musique originale, à Archipel (Stéphane Lafleur et Christophe Lamarche-Ledoux).

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR QUÉBEC CINÉMA

Marina Orsini, Vincent Bolduc et Danielle Proulx ont rendu un hommage sobre et sensible à Jean-Claude Lord, Rock Demers et Jean-Marc Vallée.

L’Iris du meilleur court métrage de fiction a par ailleurs été décerné à Les grandes claques, d’Annie St-Pierre ; celui du meilleur court métrage d’animation à La grogne, d’Alisi Telengut ; et celui du meilleur court métrage documentaire à Perfecting the Art of Longing, de Kitra Cahana.

Animé par Geneviève Schmidt pour la deuxième année consécutive, ce 24e Gala Québec Cinéma ne passera pas à l’histoire, mais on retiendra néanmoins ce coup de chapeau sobre et sensible à trois grands disparus, Jean-Marc Vallée, Jean-Claude Lord et Rock Demers. Célébrée au Gala des artisans plus tôt dans la journée, Louise Portal, dont on souligne les 50 ans de cinéma, a de son côté eu droit à une belle ovation de la part des professionnels et du public. « Je n’ai jamais tenu un enfant dans mes bras, mais celui-là, il pèse tout son poids d’amour, a déclaré l’actrice, visiblement émue. Mes rôles et mes livres auront été mes enfants. »

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR QUÉBEC CINÉMA

L’Iris Hommage a été attribué à Louise Portal à l’occasion de ses 50 années de cinéma.

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Jubilé de platine | Élisabeth II largement absente de la fin des célébrations - La Presse

(Londres) Largement absente de son jubilé de platine en raison de sa santé déclinante, mais « déterminée » à continuer de servir ses sujets, Élisabeth II a fait une apparition surprise au balcon du palais de Buckingham dimanche, dernier jour de célébrations au parfum de changement d’époque.

Publié à 9h25 Mis à jour à 13h52
Valentine GRAVELEAU Agence France-Presse

La monarque de 96 ans, qui a du mal à marcher, est restée à l’écart des principales festivités organisées pour ses 70 ans de règne, une longévité record. Elle n’a assisté ni à la cérémonie religieuse vendredi, ni samedi à ses bien aimées courses hippiques, pas plus au concert géant devant son palais, et ne s’est pas exprimée eu public.

Mais elle a surpris ses sujets en revenant sur le célèbre balcon, où la monarchie britannique marque les principaux évènements depuis plus d’un siècle et où elle avait lancé les quatre jours de fête jeudi.

Accompagnée de ses héritiers les princes Charles, 73 ans, et William, bientôt 40 ans, avec épouses et enfants, incarnant l’avenir de la monarchie, elle a salué les dizaines de milliers de personnes massées sur le Mall, l’avenue menant au palais. Appuyée sur une canne, vêtue de vert, elle est restée le temps que soit joué l’hymne God Save The Queen puis est repartie.

« Je suis profondément touchée que tant de personnes soient descendues dans les rues pour célébrer mon jubilé de platine », a déclaré la monarque dans un message rendu public par Buckingham Palace et signé de sa main.

« Bien que je n’ai pas assisté à chaque évènement en personne, mon cœur est avec vous tous ; et je reste déterminée à vous servir au mieux de mes capacités, soutenue par ma famille », a-t-elle ajouté. Elle a dit espérer que « ce sentiment renouvelé d’unité » persiste pour « de nombreuses années à venir ».  

Même si la reine n’a aucune intention d’abdiquer, fidèle à une promesse déjà formulée en 1947 de servir ses sujets toute sa vie, elle les prépare pour la suite. Son héritier, Charles, la représente de plus en plus souvent.

Sa sortie n’avait pas été annoncée et faisait l’objet de spéculations tout au long de la parade concluant son jubilé à travers le centre de Londres, qui a vu se succéder carrosse doré vieux de 260 ans, militaires en tenue d’apparat venus de tout le Commonwealth, puis acteurs, danseurs et même marionnettes de corgis, ses chiens préférés, pour un défilé aux airs de carnaval.

Ce n’est qu’une quinzaine de minutes avant son apparition que le suspense a été levé : le drapeau a été levé en haut du mat surplombant le palais, signe que la monarque s’y trouve, ravissant le public présent.

Thé avec Paddington

Dans tout le Royaume-Uni, des dizaines de milliers de déjeuners et pique-niques entre voisins ont été organisés dimanche malgré une météo pluvieuse pour célébrer joyeusement le règne historique d’une reine extrêmement populaire, à la fois proche et mystérieuse, symbole rassurant de stabilité dans un siècle de grands bouleversements.  

PHOTO FOURNIE PAR LE PALAIS DE BUCKINGHAM, VIA AGENCE FRANCE-PRESSE

La Reine prenant le thé avec le célèbre ours Paddington

À Windsor, 488 tables avaient été dressées sur l’allée menant au château où réside la reine, tandis que le prince Charles et son épouse Camilla ont partagé thé et canapés avec le public sur un terrain de cricket.

Tout au long des festivités, Élisabeth II a laissé ses héritiers au premier plan, confirmant son retrait progressif de ces derniers mois et l’impression de nombreux participants des célébrations de la fin d’une époque, après un règne sans précédent entamé le 6 février 1952 dans un Royaume-Uni encore Empire colonial.  

Outre son apparition au balcon, elle a marqué sa présence avec une autre surprise samedi. Connue pour son sens du devoir, mais aussi son humour, la reine avait tourné une petite vidéo où elle prend le thé avec l’ours Paddington, maladroite icône de la littérature enfantine britannique.

Elle a ensuite battu la mesure avec une cuillère d’argent sur sa tasse de porcelaine, synchronisée avec l’ouverture du concert. L’audience a atteint un pic de 13,4 millions de téléspectateurs sur la BBC.  

« Parfum d’adieu »

Les dernières festivités ont mis un point final à quatre jours de parenthèse pour les Britanniques en période d’inflation galopante et de scandales politiques.

Nombre des participants aux festivités étaient conscients de la dimension historique du moment. Jamais aucun monarque britannique n’a régné aussi longtemps et il est improbable que ce record de 70 ans soit battu à l’avenir vu l’âge de ses héritiers.

« Inévitablement, ces célébrations avaient un parfum d’adieu », a estimé l’éditorialiste Tony Parsons dans le tabloïd The Sun, soulignant « la conscience aiguë que nous ne reverrons plus jamais un monarque comme celui-là. »

La succession s’annonce délicate : Charles est beaucoup moins populaire que sa mère, et seulement 32 % des Britanniques pensent qu’il fera un bon roi (YouGov, avril 2022). Et la monarchie a été interpellée lors de récents voyages de ses membres, sur le passé esclavagiste de l’Empire britannique.

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Voici 9 films québécois à ne pas manquer cet été au cinéma - Le Journal de Montréal

Les films québécois ne manquent pas cet été, les salles obscures étant de nouveau le lieu idéal d’évasion – et de climatisation. Voici les titres qui rempliront les prochains mois d’émotions en tout genre. 

3 juin, Babysitter  

La réalisatrice Monia Chokri, qui revient du Festival de Cannes où elle siégeait sur le jury Cinéfondation et Courts métrages, propose, avec Babysitter, l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme de Catherine Léger. La nounou du titre, c’est Amy, incarnée par Nadia Tereszkiewicz, qui garde le bébé de Cédric (Patrick Hivon) et de Nadine (Monia Chokri). Cette dernière est en pleine dépression post-partum tandis que Cédric est dans l’écriture d’un livre après avoir été filmé alors qu’il posait un geste sexiste sur une journaliste. Catherine Léger a participé à la rédaction du scénario du deuxième long métrage de la cinéaste, la pièce ayant été écrite avant #MoiAussi. Ainsi que l’a indiqué Monia Chokri au Journal, «la domination est partout et dans tous les rapports, même ceux entre les hommes. On a un problème avec notre gestion du pouvoir».

10 juin, Pas d'chicane dans ma cabane  

Une adolescente est persuadée que ses parents arrêteront de se disputer après leur divorce. Mais le problème est qu’ils n’ont aucune intention de se séparer. Pour son premier long métrage, la réalisatrice Sandrine Brodeur-Desrosiers a choisi Charlotte St-Martin, Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant pour incarner le trio familial. La cinéaste cosigne le scénario de cette comédie estivale tournée l’automne dernier à Montréal avec Maryse Latendresse.

17 juin, Arsenault & fils  

Dans un village du Bas-du-Fleuve, une famille de braconniers règne en maître. Mais voilà que le retour du fils cadet, Anthony, accompagné d’une animatrice de radio et du frère de cette dernière, fissure le clan pourtant soudé. Avec cette histoire, Rafaël Ouellet (Camion) met en scène Karine Vanasse, Luc Picard, Guillaume Cyr, Micheline Lanctôt et Julien Poulin, le cinéaste signant ici son grand retour sept ans après son Gurov et Anna.

6 juillet, Lignes de fuite  

Trois amies du secondaire, interprétées par Catherine Chabot, Léane Labrèche-Dor et Mariana Mazza, se retrouvent pour le meilleur... et surtout le pire le temps d’une soirée arrosée. Coréalisé par l’actrice Catherine Chabot et la cinéaste Miryam Bouchard, le long métrage écrit par Catherine Chabot et Émile Gaudreault (eh oui) s’annonce comme la comédie estivale qu’il fait bon voir en couple.

20 juillet, Confessions  

Tourné en 2019 et reporté plusieurs fois pour cause de pandémie, Confessions est réalisé par Luc Picard, sur un scénario de Sylvain Guy et le film est mis en musique par Daniel Bélanger. Le cinéaste y tient le rôle de Gérald Gallant, pire tueur à gages de l’histoire du pays avec ses 28 meurtres. La distribution de Confessions est impressionnante puisqu’on peut y voir, entre autres, Sandrine Bisson, Maxim Gaudette, Éveline Gélinas, David La Haye et Louise Portal.

5 août, Arlette  

Deux ans après les accusations de harcèlement sexuel et d’agression physique formulées par Safia Nolin, Maripier Morin, également nouvelle maman, signe ici son grand retour sous les projecteurs. La caméra de Mariloup Wolfe et le scénario de Marie Vien (La passion d’Augustine) nous font pénétrer dans la vie d’une jeune ministre de la culture (Maripier Morin), tout juste nommée à ce poste. Comédie dramatique, Arlette compte également sur la présence de Paul Ahmarani, Benoît Brière, David La Haye et Gilbert Sicotte à la distribution.

12 août, Les tricheurs  

Louis Godbout a récemment été dans l’actualité puisqu’il signe le scénario de Coda: la vie en musique avec Patrick Stewart. Avec Les tricheurs, il signe une comédie déjantée et grinçante se déroulant sur un terrain de golf et mettant en vedette Christine Beaulieu au milieu du trio composé de Benoït Gouin, Alexandre Goyette et Steve Laplante.

Prochainement, Un été comme ça  

Denis Côté examine avec le style inimitable qui est le sien la sexualité dans son 14e long métrage présenté à la Berlinale en février dernier. Le cinéaste suit ainsi trois femmes, Eugénie (Laure Giappiconi), Geisha (Aude Mathieu) et Léonie (Larissa Corriveau), patientes d’une maison de repos qui cheminent à travers leurs troubles sexuels.

Prochainement, Tu te souviendras de moi  

Reporté à de nombreuses reprises, le film d’Éric Tessier mettant en vedette Rémy Girard, Julie Le Breton et Karelle Tremblay traite de l’Alzheimer et de la vieillesse en s’intéressant à ce professeur d’histoire à la retraite qui se retire peu à peu de la vie publique et que gardent ses proches à tour de rôle.

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Les tribus modernes | La Presse - La Presse

Avez-vous suivi le procès Johnny Depp-Amber Heard ?

Publié à 6h00

Moi, presque pas.

Mais j’ai suivi ce qui s’est passé dans les internets en marge de ce procès entre deux ex-époux qui s’accusaient mutuellement d’être toxiques et violents, j’ai suivi l’armée virtuelle qui s’est levée en faveur de Johnny Depp.

Des vidéos, des mèmes et des clips fabriqués par des fans de Depp ont inondé les plateformes. Naguère, quand tu aimais une vedette, tu découpais son image dans les pages de Filles d’aujourd’hui et tu la collais sur ta tête de lit…

Aujourd’hui, tu fais des vidéos qui tournent son ex en bourrique, pour les clics.

Depp aura bientôt 59 ans. Quand Mme Heard est née (en 1986), Depp était déjà une petite star en banlieue de la gloire hollywoodienne, beau Brummel populaire auprès des adolescentes.

C’est dire combien le bassin de fans de Depp est vaste. Ses films hyperpopulaires – d’Édouard aux mains d’argent à Pirates des Caraïbes – ont sans cesse renouvelé ce bassin, l’ont élargi, approfondi.

D’où cette armée de fans qui l’ont défendu à coups de pièges à clics, tout à fait bénévolement. Pour créer une réalité, une vérité : Depp, victime, de A à Z.

Ai-je dit « armée » ?

Mauvais mot.

« Tribu » est un meilleur terme.

Depuis la pandémie, je suis fasciné par l’identité. Pas au sens où on l’entend dans nos débats québécois, autour de la Nation. Non, je parle de ces identités nouvelles, libérées des vieilles frontières millénaires de la race, de la religion, de la nationalité, propulsées par le numérique. Des tribus d’intérêts.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Manifestation contre les mesures sanitaires à Montréal, en février dernier

Les anti-mesures sanitaires, c’était pas juste une opposition aux règles, aux vaccins, aux masques. C’était plus que ça. Les individus qui ont milité dans ces mouvances-là affirmaient quelque chose sur eux, sur ce qu’ils sont. S’étant trouvés – et autopompés – sur les internets, ils se sont fédérés. Sont devenus une tribu.

Cette tribu-là a marché dans les rues pour dire « J’existe » autant – peut-être plus – que pour pester contre le masque, les règles sanitaires et les vaccins.

Protestant, faisant suer, ils comptaient, enfin. Pour exister, une tribu doit rejeter, aussi. Ils ont rejeté la connaissance, les savants. La société, un peu.

Il y a 15 ans, la tribu des « Truthers » du 11-Septembre se fédérait autour d’un rejet : celui de la version « officielle » des attentats de 2001. Je les ai longtemps vus comme une aberration. Ils annonçaient plutôt le monde à venir.

Prenez les tripeux du bitcoin. Vous comprenez quelque chose aux cryptomonnaies ? Moi, pas du tout. Je ne dis pas que c’est con, juste que ça ne m’intéresse pas. Mais c’est une autre tribu, les tripeux du bitcoin, une des plus intenses de l’époque…

Ils ont la certitude des chefs de secte, convaincus que le règne des monnaies nationales achève. Enragés dans leur conviction que ceux qui achètent des REER ne sont pas seulement dans l’erreur, mais hérétiques. Leur insulte favorite : « Aimes-tu ça, être pauvre ? »

Sur Twitter, ils mettent des rayons laser à la place de leurs yeux1, sur leurs photos. Ils adulent aussi Elon Musk, le patron de Tesla, qui croit au bitcoin lui aussi…

Ils se voient comme Musk : des rebelles, des casseurs de système. Sont juste moins riches que Musk, qui a fait son cash ailleurs que dans les cryptos…

Je cite Finn Breton2, l’auteur d’un livre sur les cryptomonnaies : « La culture autour du bitcoin fait partie de son attrait. Quand vous achetez du bitcoin, vous achetez un ticket d’entrée dans ce milieu. Et ce milieu fait partie de votre identité. »

Bref, t’intègres une tribu. T’affirmes ton identité : Chus pas un téteux qui achète des REER, MOI…

Et c’est ainsi que tu ajoutes des rayons laser à la place de tes yeux, sur ta photo, sur Twitter, même s’il y a quelque chose de profondément débile à ajouter des lasers à tes yeux, à l’âge adulte, comme si t’étais Goldorak…

Mais c’est la norme, c’est l’écusson de la tribu, ce sont les autres qui sont anormaux, ceux qui « aiment être pauvres ».

Je ne sais pas où nous mènera ce monde nouveau des tribus, avec leurs codes, avec leurs faits, avec leurs… C’est drôle à dire, mais, disons-le : avec leurs vérités.

Car plus il y aura de tribus, plus il y aura de vérités.

Je cite le journaliste américain David Roberts3 : « L’information est donc évaluée non pas en conformité avec des standards communs de preuve ou en accord avec une compréhension commune du monde, mais selon que l’information appuie ou pas les valeurs et les objectifs de la tribu. “Bon pour notre camp” et “vrai” ne font alors qu’un… »

C’est la croyance tribale moderne : si nous sommes assez nombreux, si nous sommes assez enragés, on peut modifier la réalité.

Voyez les trumpistes, la tribu la plus inquiétante de l’époque, qui hurlent que leur chef de secte s’est fait voler l’élection (sic) : ils y croient. Et peut-être que la réalité devra se plier à la tribu des trumpistes. En tout cas, ils sont bien partis4.

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Saturday, June 4, 2022

Jubilé de platine | Queen ouvre le concert géant à Londres - La Presse

(Londres) Une pléiade de stars, dont le légendaire groupe britannique Queen, ont enflammé les foules samedi à Londres lors d’un concert géant célébrant les 70 ans de règne historiques de la reine Élisabeth II mais en l’absence de la souveraine, fatiguée.  

Publié à 7h49 Mis à jour à 16h52
Brigitte DUSSEAU Agence France-Presse

Rod Stewart, Alicia Keys, Andrea Bocelli, Duran Duran… Après la pompe et le recueillement, les plus grands noms de la scène pop/rock ou classique ont défilé sur scène, devant les grilles du palais de Buckingham, pour ce spectacle clôturant le troisième et avant-dernier jour des festivités du jubilé de platine de la souveraine de 96 ans, à la longévité inégalée au Royaume-Uni.  

Photo REUTERS

Rod Stewart

Queen + Adam Lambert a lancé la soirée, ponctuée de nombreux hommages, avec les tubes « We Will Rock You », « Don’t Stop Me Now » puis « We are the Champions » devant 22 000 spectateurs agitant des drapeaux de l’Union Jack, ainsi que le prince héritier Charles et son fils aîné William, venu avec sa femme Kate et deux de leurs enfants, eux aussi dotés de fanions.

Des dizaines de milliers de badauds, sans tickets, suivaient le concert sur des écrans géants sur le Mall, prestigieuse artère donnant sur le palais.  

« C’est merveilleux d’être de retour », a confié le guitariste de Queen, Brian May, sur la BBC, 20 ans après avoir marqué les esprits en interprétant l’hymne national God Save the Queen perché sur le toit du palais, pour le jubilé d’or de la souveraine.  

Mais la vraie star de la soirée, Élisabeth II, était absente en raison d’une santé fragile, ayant préféré regarder le concert à la télévision, retransmis en direct sur la BBC.

Ours Paddington

Photo BUCKINGHAM PALACE / STUDIO CANAL, par REUTERS

La reine Elizabeth II a pris le thé avec l’ours Paddington.

Aimée pour son sens du devoir comme son humour pince-sans-rire, elle a toutefois fait une apparition surprise dans une courte vidéo humoristique diffusée avant le coup d’envoi, où elle prend le thé avec l’ours Paddington, maladroite icône de la littérature enfantine britannique.  

« Joyeux Jubilé, madame, et merci, pour tout », lui dit-il. « C’est très gentil », répond-elle, sortant de son inséparable sac à main une tartine à la confiture d’orange dont raffole son invité, avant de taper le rythme de We Will Rock You sur sa tasse de porcelaine avec sa cuillère d’argent.  

Pourtant passionnée de courses, Elizabeth avait déjà renoncé à se rendre samedi aux célèbres courses hippiques du Derby d’Epsom, à 30 km de Londres, qu’elle n’a manquées que très rarement.  Elle y a été représentée par sa fille, la princesse Anne.  

Vendredi, elle était déjà manqué le service religieux à la cathédrale Saint-Paul, ayant souffert « d’inconfort » au premier jour des célébrations jeudi, quand elle était apparue au balcon de Buckingham Palace, radieuse mais frêle, s’appuyant sur une canne, pour la parade militaire.

Parmi les absents samedi figuraient aussi le prince Harry et son épouse Meghan, venus de Californie pour participer au jubilé, mais qui avaient choisi de fêter dans l’intimité le premier anniversaire de leur fille Lilibet, que la reine aurait rencontrée pour la première fois.

Joyeuse parenthèse

La diva américaine Diana Ross, 78 ans, « absolument ravie d’avoir été invitée à se produire pour une occasion aussi importante », doit clore cette soirée de deux heures et demie célébrant la contribution du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth à la musique, l’environnement, le sport et la comédie musicale durant ces 70 ans dernières années.  

Joyeuse parenthèse d’unité patriotique dans la crise du coût de la vie, les fêtes du jubilé durent jusqu’à dimanche, à la faveur d’un long week-end férié de quatre jours.

La météo a jusqu’à présent coopéré. Mais la pluie est attendue dimanche, alors que sont prévus des dizaines de milliers de déjeuners en plein air entre voisins.

Une grande parade doit clôturer les célébrations en fin d’après-midi à Londres avec quelque 10 000 participants.  

Elle se terminera devant Buckingham Palace, où Ed Sheeran devrait chanter en l’honneur de la reine et du prince Philip, son époux mort l’an dernier, sa célèbre ballade « Perfect ».

Symbole de stabilité dans un siècle de grands bouleversements, Élisabeth II était montée sur le trône à 25 ans, le 6 février 1952. Elle a traversé l’Histoire avec une constance et un dévouement dont les Britanniques lui sont reconnaissants.  

Beaucoup des participants aux fêtes du jubilé avaient conscience que c’était peut-être la dernière fois qu’ils verraient leur souveraine.  

« C’est notre histoire et nous ne reverrons jamais cela, car évidemment la prochaine fois ce sera un roi, c’est notre dernière reine. Et je pense que c’est une merveilleuse reine », confiait à l’AFP Wendy Flynn, une mère au foyer participant à une fête de rue à Londres.

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Friday, June 3, 2022

La victoire judiciaire de Johnny Depp «potentiellement catastrophique» pour les victimes de violences - TVA Nouvelles

Le procès en diffamation qui a opposé Amber Heard à Johnny Depp aux États-Unis et sa diffusion à la télévision auront un impact «potentiellement catastrophique» pour les victimes de violences conjugales, estiment des organisations de défense des femmes. 

• À lire aussi: Amber Heard ne peut «absolument pas» payer 10,4 M$ de dollars à Johnny Depp

• À lire aussi: Johnny Depp gagne sa poursuite en diffamation contre son ex-femme Amber Heard

• À lire aussi: Ovation debout pour Johnny Depp en Angleterre

Les six semaines de débats devant le tribunal de Fairfax, près de Washington, ont viré au grand déballage sur la vie privée du couple de vedettes d’Hollywood qui s’accusaient mutuellement de violences. 

Les jurés ont donné raison mercredi au «Pirate des Caraïbes» et lui ont attribué un peu plus de 10 millions de dollars de dommages-intérêts, jugeant que l’actrice de 36 ans avait diffamé son ex-mari en se présentant comme «une personnalité publique représentant les violences conjugales» dans une tribune publiée en 2018, même si Johnny Depp n’était pas mentionné.

La juge Penney Azcarate avait décidé d’autoriser la diffusion des audiences à la télévision pour cette affaire ultra-médiatisée, malgré l’opposition des avocats d’Amber Heard.

AFP

Pour Michele Dauber, professeure de droit à l’Université de Stanford et militante contre les agressions sexuelles sur le campus, c’est «la pire décision prise par un tribunal depuis des décennies pour les victimes» qui montre «une profonde méconnaissance des violences sexuelles de la part de la juge».

Selon elle, Amber Heard a ainsi dû «décrire son viol présumé avec des détails crus à la télévision. C’est choquant et ça devrait offenser toutes les femmes et les victimes, qu’elles soient d’accord ou non avec le verdict».

La dernière fois qu’une victime de viol a été forcée de témoigner publiquement date de 1983, dit-elle.

«Il n’y a aucun intérêt public dans cette affaire qui pourrait éventuellement l’emporter sur le mal causé», affirme Michelle Dauber, estimant que désormais «chaque victime va réfléchir à deux fois avant de se manifester et demander une ordonnance d’éloignement ou de parler à quiconque des abus qu’elle a subis».

«Les femmes peuvent être blessées, même tuées, parce qu’elles n’appellent pas à l’aide. Cette affaire a été un désastre complet. Elle est potentiellement catastrophique», conclut-elle.

Le procès a fasciné un public mondial peu habitué à regarder les allégations d’agressions sexuelles au sein d’un couple et cela -– quelles que soient les opinions sur le verdict -– est un problème, met aussi en garde Ruth Glenn, présidente de la Coalition nationale contre les violences conjugales (NCADV).

«Je ne pense pas que notre société comprenne encore la dynamique des violences conjugales», déclare-t-elle à l’AFP.

Ce contexte crucial n’a pas été suffisamment discuté lors des débats au tribunal, estime-t-elle, affirmant que pour elle, il n’y a «aucun doute» sur les types d’abus qui ont été révélés au procès.

«Il faut s’assurer que les personnes présentes comprennent cela. Mais tant que nous ne faisons pas ça, ne montrons pas ce genre de choses à la télévision», prévient-elle.

Les messages d’insultes reçus par Michele Dauber pour avoir commenté le procès sur Twitter illustrent aussi, selon elle, l’opposition croissante aux droits des femmes aux États-Unis, dans un contexte de menace sur le droit à l’avortement par la Cour suprême.

L’opinion publique a soutenu Johnny Depp alors que son accusatrice faisait l’objet d’insultes et de quolibets «ouvertement misogynes» sur les réseaux sociaux, estime-t-elle.

AFP

Amber Heard a subi «métaphoriquement le supplice du goudron et des plumes», affirme Michele Dauber, alors que le jugement a été salué par la droite américaine.

L’affaire pose aussi la question de l’avenir du mouvement #MeToo, un hashtag né en 2017 pour encourager les femmes à dénoncer les auteurs de harcèlement et d’agression sexuelles.

«Il est impossible de ne pas y voir un retour de bâton pour #MeToo, les femmes sont allées trop loin. Mesdames, on vous a écouté et on a condamné quelques hommes. Ne soyez pas trop cupides», écrit ainsi un internaute sur Reddit.

Mais Tarana Burke, fondatrice de #MeToo, assure sur Twitter que «ce mouvement est tout à fait VIVANT», appelant à se concentrer sur le courage de millions de femmes ayant dénoncé des violences plutôt que sur les batailles judiciaires, gagnées ou perdues.

Ruth Glenn veut voir dans le procès un «rappel du travail que nous avons encore à faire». «C’est un parfait exemple d’une affaire qui influence une culture», explique-t-elle.

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La victoire judiciaire de Johnny Depp «potentiellement catastrophique» pour les victimes de violences - TVA Nouvelles
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La réforme du statut de l'artiste adoptée - La Presse

Les sceptiques ont été confondus : la réforme des lois sur le statut de l’artiste déposée à la fin du mois d’avril par la ministre Nathalie Roy a été adoptée vendredi par l’Assemblée nationale à la suite d’un processus d’étude accéléré.

Publié à 11h13 Mis à jour à 12h48
Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

La Coalition avenir Québec (CAQ) avait fait de la modification des lois sur le statut de l’artiste une promesse électorale et elle a été tenue puisque sa réforme (le projet de loi 35) a été adoptée vendredi. Ce n’était pas gagné : le projet de loi n’a été déposé qu’à la fin du mois d’avril et a fait son chemin en bénéficiant d’un processus d’étude accéléré soutenu par les partis de l’opposition. Il en est ressorti plusieurs amendements, dont certains que la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qualifie de « majeurs ».

L’un d’eux vient colmater une brèche importante qui coupera l’herbe sous le pied des producteurs qui créent des entreprises et les ferment sans avoir payé les artistes impliqués. Dans le milieu, on appelle ça des « coquilles vides ». Le projet de loi 35 a ainsi été bonifié par l’ajout d’une disposition qui existait dans la Loi sur les sociétés par actions destinée à donner des recours aux travailleurs lésés.

« Ça va permettre aux artistes de réclamer des sommes qui leur sont dues, des cachets qui leur sont dus, directement des administrateurs d’une société, expose la ministre Roy. Avant, ils ne pouvaient pas, ils ne pouvaient que poursuivre la société et si elle était fermée, ils perdaient leur recours et leur argent. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes

Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA), qui parle de la nouvelle loi comme d’une « avancée historique pour les artistes », juge « majeur » cet amendement qui rendra les administrateurs des sociétés responsables. « Ce n’est pas que tout le monde agit comme ça dans le milieu, mais ceux qui le font le font trop souvent et on n’avait pas de poigne juridique. Avec cet article-là, on va en avoir, dit-elle. Quelqu’un [qui aurait fait ça] ne pourra pas être largement financé par l’État pour faire un deuxième film s’il a encore des comptes à rendre. »

La ministre se réjouit de l’appui des partis de l’opposition et de la collaboration des autres ministères qui ont rendu possible l’adoption rapide de cette nouvelle loi. « On n’a plus deux catégories d’artistes, mais une seule catégorie d’artistes professionnels au Québec, qui jouissent tous des mêmes mesures de protection, des mêmes pouvoirs, des mêmes ressources lorsqu’il est question de négocier des ententes collectives de travail », dit-elle avec enthousiasme.

« On savait que les partis allaient travailler ensemble, dit Laurent Dubois, directeur général de l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ). Je pense que c’est ce qu’il faut souligner : d’abord, la capacité d’écoute de la ministre et de ses équipes et l’approche non partisane. Ça fait de ce projet de loi quelque chose d’assez fort. »

Le projet de loi 35, officiellement intitulé Loi visant à harmoniser et à moderniser les règles relatives au statut professionnel de l’artiste, fusionne les deux lois qui définissaient jusqu’ici le statut de l’artiste et encadre les conditions de travail, ce qui permettra désormais à tous les artistes de négocier des ententes collectives. Il élargit notamment les compétences du Tribunal administratif du travail – évitant ainsi aux personnes qui se sentent lésées de passer par un processus judiciaire long et coûteux – et intègre des dispositions en matière de harcèlement psychologique.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Arnaud Foulon, président de l’Association nationale des éditeurs de livres

Les réformes imposées par la loi apporteront des changements importants dans le milieu culturel. « C’est un changement de paradigme complet », dit Arnaud Foulon, président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui avait exprimé son inquiétude face au projet de loi, alors que son vis-à-vis, l’UNEQ, l’avait accueilli avec enthousiasme.

« Notre première inquiétude, c’est qu’on est dans une industrie culturelle, le livre, où il y a beaucoup de petits joueurs : 40 % des membres de l’ANEL ont un chiffre d’affaires de moins de 300 000 $, relève M. Foulon. C’est quand même une réalité qui n’est pas celle de la télévision ou d’autres milieux culturels et il faudra en tenir compte au moment où on arrivera avec d’éventuelles conventions collectives. » L’ANEL souhaite néanmoins avancer « main dans la main » avec les auteurs, précise-t-il.

« On vient de faire un pas vers du progrès social, du dialogue social, souligne pour sa part Laurent Dubois, de l’UNEQ. On ne veut pas imposer notre modèle, on veut discuter des modalités qui prévalent dans notre milieu. » L’UNEQ se dit ouverte à discuter de bonne foi, mais entend se servir des outils désormais à sa disposition devant un producteur qui chercherait à fuir son obligation de négocier.

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Québec changera ses lois pour rehausser le contenu québécois sur les plateformes en ligne - Le Devoir

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