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Saturday, October 30, 2021

La reine Élisabeth II au repos pour encore au moins deux semaines - La Presse

(Londres) L’attente se prolonge pour les Britanniques : après avoir annulé son déplacement à la conférence internationale sur le climat à Glasgow, la reine Elizabeth, 95 ans, va devoir se reposer pendant encore au moins deux semaines, sans aucun déplacement officiel.

Sylvain PEUCHMAURD Agence France-Presse

La souveraine qui a passé une nuit à l’hôpital il y a neuf jours, pourra néanmoins continuer à mener des « taches légères », y compris des audiences en visioconférence, a précisé vendredi soir le palais de Buckingham, en annonçant que les médecins lui avaient conseillé de se reposer pendant encore au moins deux semaines.

La reine « regrette » de devoir renoncer à participer au festival du souvenir le 13 novembre, qui rend hommage aux soldats britanniques et du Commowealth, a ajouté le Palais.

Mais elle « garde la ferme intention » d’être présente à l’évènement qui marque le Jour du souvenir, le 11 novembre, autour du cénotaphe à Londres, précise le communiqué royal.

La reine a été mise au repos le 20 octobre au lendemain d’une réception au château de Windsor où elle était apparue devisant avec son premier ministre Boris Johnson et l’homme d’affaires américain Bill Gates.

Manque de transparence

Elle a passé la nuit suivante à l’hôpital, sa première hospitalisation depuis 2013, pour des « examens préliminaires » à la teneur non précisée.

Mais le fait que le Palais ait attendu que le tabloïd The Sun fasse état de cette nuit à l’hôpital — organisée pour des raisons pratiques selon des sources royales — avait suscité des interrogations sur son état de santé, ainsi que des critiques contre ce qui a été dénoncé comme un manque de transparence.

La reine a depuis officiellement repris des tâches « légères ». Elle a notamment reçu deux nouveaux ambassadeurs par visioconférence.

Sa dernière apparition aux yeux du public remonte à jeudi, où elle a remis lors d’une audience par visioconférence la médaille d’or de la poésie au poète anglais David Constantine. Une vidéo de 24 secondes diffusée par le Palais la montre souriante, discutant par écrans interposés avec le poète.

Au lieu de se rendre à la COP26, la reine, « déçue de ne pas pouvoir assister à la réception », s’exprimera devant les délégués par message vidéo enregistré, avait souligné Buckingham.

Rythme effréné

C’est son fils Charles, héritier de la couronne, qui délivrera le discours d’ouverture de la COP26. Le prince de 72 ans, moins aimé des Britanniques, la représente déjà à l’étranger depuis qu’elle ne s’y rend plus. La reine pourra aussi compter sur son petit-fils le prince William, troisième dans l’ordre de succession et bien plus populaire que son père.

Interrogée cette semaine par l’AFP, la spécialiste de la monarchie Penny Junor a estimé qu’il s’agissait d’un « tournant ».

« Elle a travaillé au rythme de quelqu’un de 20 ans plus jeune, et je pense que le public doit ajuster ses attentes et reconnaître qu’elle a 95 ans », a-t-elle déclaré, pronostiquant des apparitions en personne plus rares de la part de la reine.

Monarque depuis près de 70 ans, la reine, qui doit célébrer l’année prochaine son jubilé de platine, affichait encore récemment une très bonne forme en public.

Après ses traditionnelles vacances d’été à Balmoral, en Écosse, elle a participé quasi quotidiennement à des engagements officiels, renouant avec son rythme prépandémie : 295 engagements en 2019. Sans compter le travail moins visible d’examens des documents gouvernementaux et ses entretiens quasi hebdomadaires avec le premier ministre.  

Élisabeth II a été vue récemment en train de marcher avec une canne, une première depuis 2004. Selon The Sun, la monarque a aussi arrêté ces derniers jours de promener ses corgis.  

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Friday, October 29, 2021

Victoire en Cour suprême: «Je ne suis pas heureux d'avoir gagné, je suis soulagé», affirme Mike Ward - Le Journal de Québec

« C’est un grand jour pour moi et un grand jour, je pense, pour l’humour. Je ne suis pas heureux d’avoir gagné, je suis soulagé », a déclaré Mike Ward quelques heures après avoir remporté sa cause devant la Cour suprême. Un soulagement qui a été partagé par les humoristes joints par Le Journal.

• À lire aussi: Mike Ward a gagné la dernière manche contre Jérémy Gabriel

• À lire aussi: Le risque d’une liberté d’expression sans limites

• À lire aussi: Une victoire pour la liberté d’expression, affirme l’avocat de Mike Ward

« J’ai fait ce que n’importe quel humoriste aurait fait », a dit Ward à la caméra, dans une vidéo de plus de six minutes publiée sur sa page Facebook.

L’humoriste a préféré faire une déclaration sur les réseaux sociaux plutôt que d’enchaîner les entrevues.

Quelques heures après sa victoire, il en a profité pour revenir sur les débuts de l’histoire et régler des comptes avec ses détracteurs.

« Quand j’ai vu que la Commission des droits de la personne disait que ma joke était méchante et que je devais payer 80 000 $ à la famille de la victime, je me suis dit que ce n’était pas vrai que cette commission allait agir comme un petit gangster d’un film de mafia », dit-il. 

« Je fais de l’humour pour le monde qui aime ça. Si t’aimes pas ce que je fais, viens pas me voir. Je ne fais pas des shows dans ta cour, je les fais dans des salles. Il faut que tu achètes des billets. Je ne passe même pas à la télé, donc tu ne peux pas tomber sur moi. »

Ward a admis que cette longue histoire a profondément affecté sa santé, mentale et physique. Il a terminé sa déclaration en souhaitant bonne chance à Jérémy Gabriel dans sa vie. 

« T’es un jeune homme, je ne sais pas où la vie va t’amener, mais j’espère que tu vas avoir du succès, de l’amour et du bonheur. »

« Une formidable nouvelle »

Alors que certains humoristes ont préféré ne pas commenter la décision de la Cour suprême, d’autres, comme Olivier Martineau, se sont réjouis du verdict.

« C’est une formidable nouvelle. Mike Ward n’a pas seulement défendu sa cause, il a défendu la liberté d’expression dans un contexte artistique. Ça vaudra pour l’humour, le théâtre, la danse, le cinéma. Il y aura quelque chose qui a créé un précédent. »

Maxim Martin a reconnu qu’il s’agissait d’un soulagement, même si cette victoire ne signifie pas que les humoristes peuvent dire ce qu’ils veulent. 

« Les humoristes sont déjà en train de réapprendre à parler. Pour du monde comme Mike, Jean-François Mercier, Mariana Mazza et moi, c’est un vrai beau défi que d’être capable d’être aussi incisif, de passer des messages et de grafigner tout en respectant le vocabulaire d’aujourd’hui. »

– Avec Cédric Bélanger

CE QU'ILS ONT DIT   

« Je trouve que ça n’a aucun sens que la Commission des droits de la personne décide de ce qui est légal ou non dans un spectacle d’humour. Ce n’est pas leur place de juger. Ça fait que je n’avais pas le choix de me battre. J’ai fait ce que n’importe quel humoriste aurait fait. [...] Je ne voulais pas créer de précédent. Je ne voulais pas que les jeunes humoristes se fassent dire « tu ne peux pas parler de ça ». Je trouvais ça inacceptable. [...] Ce procès-là a « scrapé » ma santé mentale et physique. La dernière fois que j’ai fait ce gag-là, il y a huit ans, j’étais un jeune homme mince et semi-beau. Là, je suis un gros vieillard. » 

Mike Ward

Mike Ward

Photo d'archives

« On a toujours dit que la liberté d’expression, c’est un droit acquis. Mais c’est un droit qui vient avec des responsabilités. Ce n’est pas parce que tu peux dire n’importe quoi que tu dois dire n’importe quoi. [...] La journée où l’humour ne grafignera plus, ce ne sera pas de l’humour en santé. »

– Maxim Martin [humoriste]

Mike Ward

Photo courtoisie

« J’appuie la démarche de Mike et je suis très heureux qu’il ait gagné. »

– Jean-François Mercier [humoriste]

Mike Ward

Photo courtoisie, Émilie Lapointe

« Le mal a déjà été fait sur la censure. Les humoristes s’autocensurent maintenant, les producteurs ont peur qu’on aille dans certaines zones en humour. La décision d’aujourd’hui [vendredi], par contre, c’est un maudit beau pansement. C’est une blessure qui va arrêter de s’aggraver. »

– Charles Deschamps [humoriste et copropriétaire du Bordel Comédie Club]

Mike Ward

Photo Ben Pelosse

« Il a défendu le monde de l’humour, il a défendu le droit de faire des blagues et il a défendu ce que j’appelle le droit de faire de la peine. Le grand danger, c’est qu’on commence à verser vers une société de censure, de restrictions, une société de paramétrage. »

– Olivier Martineau [humoriste]

Mike Ward

Photo Stevens LeBlanc

« Qu’on soit d’accord ou non avec les propos de Mike Ward, qu’on les trouve drôles ou ignobles, reste qu’à mon avis il n’y a rien de plus important que la liberté d’expression. [...] Avec cette blague, Mike a provoqué une importante conversation publique. La décision rendue par la Cour suprême aujourd’hui [hier] a un impact direct sur la liberté d’expression des artistes. Merci Mike. »

– Patrick Groulx [humoriste]

Mike Ward

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

« Je suis évidemment content pour mon ami, sans non plus être heureux que monsieur Gabriel ait perdu sa cause. Je me suis toujours fait un devoir de soutenir Mike dans cette épreuve [le procès] sans jamais prendre parti contre Jérémy. Le coût émotif et psychologique a été lourd pour chacun d’eux. Je leur souhaite maintenant qu’ils puissent tourner la page. »

– Martin Perizzolo [humoriste]

Mike Ward

Photo d'archives

« C’est une décision très importante pour notre industrie. Elle va avoir un impact important sur la liberté d’expression, qui est au cœur de notre industrie. D’un point de vue créatif, aujourd’hui, la liberté d’expression n’a pas été restreinte. C’est certainement un grand soulagement pour tous les créateurs en humour. »

– Sylvain Parent-Bédard [fondateur de ComediHa! Fest-Québec]

Mike Ward

Photo courtoisie, Hugo B. Lefort

« Il ne faut pas penser que ce jugement-là vient nous dire que c’est un plaidoyer pour l’irresponsabilité, la non-imputabilité. Ça m’inquiète toujours que l’on pense que la conclusion, c’est qu’ils [les humoristes] peuvent dire n’importe quoi. »

– Louise Richer [fondatrice de l’École nationale de l’humour]

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Mike Ward n'a pas enfreint la Charte, conclut la Cour suprême du Canada - Radio-Canada.ca

Plan moyen de Mike Ward devant des micros de journalistes.

La Cour suprême conclut que Mike Ward n’a pas choisi de se moquer de Jérémy Gabriel sur la base de son handicap.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Dans une décision très partagée, la Cour suprême du Canada a mis fin à 10 ans de saga judiciaire et a tranché en faveur de Mike Ward : les railleries de l’humoriste n’ont pas porté atteinte au droit à la dignité de Jérémy Gabriel.

Pour les cinq juges majoritaires, Mike Ward n’a pas choisi de se moquer de Jérémy Gabriel sur la base de son handicap, mais bien parce qu'il est une personnalité publique. Ils ont jugé que les blagues de l'humoriste ne peuvent donc pas être considérées comme de la discrimination au regard de la Charte québécoise des droits et libertés.

La Cour suprême estime que le Tribunal des droits de la personne n'avait pas les compétences nécessaires pour rendre un jugement sur la plainte de M. Gabriel, puisqu'il ne s'agit pas de discrimination, selon elle, mais plutôt de diffamation.

Les propos litigieux exploitent, à tort ou à raison, un malaise en vue de divertir, mais ils ne font guère plus que cela, écrivent les juges Richard Wagner et Suzanne Côté dans la décision rendue vendredi matin.

Pour les quatre juges dissidents, toutefois, l'argumentaire des juges majoritaires fait abstraction d'une réalité fondamentale : M. Ward a ciblé des aspects de la personnalité publique de Jérémy Gabriel qui étaient inextricablement liés à son handicap.

Faire avancer le droit

Cette saga judiciaire a été suivie avec beaucoup d’intérêt au Québec, puis à travers le pays, puisqu'elle opposait le droit à la liberté d’expression au droit à la dignité.

Dans leur décision, les juges majoritaires soutiennent que les propos de M. Ward ne peuvent conduire une personne raisonnable, informée du contexte des propos de l'humoriste, à mépriser ou détester l'humanité de Jérémy Gabriel.

Si elle estime que le droit à la liberté d'expression de M. Ward n'a pas enfreint celui à la dignité et à l'égalité de Jérémy Gabriel, la Cour rappelle cependant que les artistes ne jouissent pas d'une protection particulière en la matière.

Dans une brève allocution, l'avocat de Jérémy Gabriel et de sa famille, Me Stéphane Harvey, a indiqué vendredi que le jeune homme ne regrettait pas de s'être embarqué dans ce long processus judiciaire, considérant avoir fait avancer le droit, même si ce n'est pas dans le sens qu'on aurait voulu.

Mike Ward s'est quant à lui contenté de publier un court message en anglais sur son compte Twitter : Nous l'avons fait Norm, nous avons gagné, a-t-il écrit, répondant à un ancien message de l'acteur et humoriste Norm Macdonald, décédé en septembre dernier.

Une saga de plus de dix ans

Cette décision de la Cour suprême met ainsi fin à 10 ans de saga judiciaire opposant Jérémy Gabriel à l’humoriste Mike Ward.

De 2010 à 2013, M. Ward est monté sur scène à de nombreuses reprises pour donner le spectacle Mike Ward s'expose dans lequel il se moquait de plusieurs personnalités connues, dont Jérémy Gabriel, à l’époque surnommé le petit Jérémy.

Dans un numéro précis, intitulé Les intouchables, l’humoriste raillait les talents de chanteur de l’enfant, connu pour avoir interprété une pièce pour le pape Benoit XVI à l’âge de 9 ans, ainsi que son apparence physique.

Jérémy Gabriel est atteint du syndrome de Treacher-Collins, une maladie congénitale caractérisée, chez lui, par des malformations à la tête et une surdité profonde.

Une amie de la famille a alors décidé de porter plainte contre l’humoriste à la Commission des droits de la personne, qui a intenté une poursuite de 80 000 $ au nom de Jérémy Gabriel.

Le jugement du Tribunal des droits de la personne est tombé en 2016 : les blagues de Mike Ward sont discriminatoires. Il a donc été condamné à payer un total de 35 000 $ en dommages à Jérémy Gabriel et 7000 $ à sa mère, Sylvie Gabriel.

L’humoriste a porté ce jugement en appel de suite. En novembre 2019, dans une décision partagée, la Cour d'appel a confirmé le premier jugement, mais a éliminé le montant accordé à la mère de Jérémy. C’est à ce moment que Mike Ward a interpellé le plus haut tribunal du pays.

Le jugement de la Cour suprême était attendu depuis février dernier.

Mike Ward n’aura évidemment pas à verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel, comme le Tribunal des droits de la personne l’y avait condamné.

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Spencer | Kristen Stewart : l'attrait du danger - La Presse

Quand le cinéaste chilien Pablo Larraín lui a proposé d’incarner la princesse Diana dans un film qui n’a rien d’un drame biographique classique, Kristen Stewart ignorait totalement si elle pouvait être à la hauteur ou pas. Et c’est exactement la raison pour laquelle elle a accepté ce grand rôle dans Spencer. Entretien.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Dire qu’elle a été surprise que Pablo Larraín fasse appel à elle pour incarner Diana Spencer décrit à peine la mesure de son étonnement. À 31 ans, et avec déjà plus de 20 ans de métier derrière elle, Kristen Stewart n’avait encore jamais éprouvé un tel vertige.

« Avant d’accepter un rôle, un acteur doit évaluer ses propres aptitudes et assumer la responsabilité de ce qu’il prétend pouvoir faire, confie-t-elle lors d’un entretien en visioconférence accordé à La Presse. Plonger dans l’inconnu et tenter de maîtriser un peu le chaos à mesure qu’il se présente fait évidemment partie de ce métier, mais il faut quand même être confiant en ses capacités. Dans ce cas-ci, je n’en avais absolument aucune idée. Je me suis aussi dit qu’à cette étape de ma carrière et de ma vie, je devais en tant qu’artiste me diriger vers des choses terrifiantes. Sinon, aussi bien tout arrêter ! »

Un sommet ambitieux

Star planétaire depuis le premier volet de la série de films Twilight, l’actrice a tenu au fil des ans à prêter aussi son talent à des cinéastes venus d’ailleurs, histoire de transformer une image peut-être un peu trop lisse à son goût. Walter Salles a fait appel à elle dans On the Road. Elle a récemment déclaré au Sunday Times que les deux longs métrages qu’elle a tournés avec Olivier Assayas, Sils Maria et Personal Shopper, figurent parmi les rares dont elle est vraiment fière. Benedict Andrews lui a fait jouer Jean Seberg dans Seberg. Cela dit, ce rôle de Diana dans Spencer s’apparentait pour elle à un sommet ambitieux, d’un genre qui ne s’était encore jamais présenté sur sa route.

PHOTO JOEL C RYAN, ASSOCIATED PRESS

Lors d’une récente présentation de Spencer au festival de Londres, Kristen Stewart a revu Jack Nielen et Freddie Spry, les deux jeunes acteurs qui, dans le film de Pablo Larraín, incarnent le prince William et le prince Harry.

« J’étais complètement prête à naviguer là-dedans et à m’investir dans le personnage, explique-t-elle. J’ai voulu tout apprendre de Diana pour mieux tout oublier ensuite afin que l’instinct s’installe à travers l’âme du personnage, sa façon de bouger, de s’exprimer aussi. Même si Spencer n’est pas un film biographique classique, il fallait garder un fond de vérité. »

Avant même l’apparition de la première image, nous sommes d’ailleurs prévenus. Spencer est une « fable inspirée d’une vraie tragédie ». Le cadre dans lequel se déroule l’intrigue est réel, mais Pablo Larraín, à qui l’on doit notamment No, Neruda et Jackie, propose néanmoins une vision fictive, frôlant même parfois le surréalisme. Le scénario, écrit par Steven Knight (Burnt, Allied), se concentre sur la dernière fête de Noël à laquelle a assisté Diana avec la famille royale, au Sandringham House en 1991, avant qu’elle ne divorce du prince Charles.

Un récit éclaté

Kristen Stewart évoque une expérience à la fois « forte et étrange » et salue la qualité d’une œuvre où « personne ne prétend savoir quoi que ce soit ». Même si le récit est éclaté et parsemé d’images mentales évocatrices (Diana a même des visions d’Anne Boleyn, dont Henri VIII, son mari, a ordonné la décapitation), les artisans ont quand même suivi certaines règles.

« Du moment que quelque chose semblait faux, on laissait tomber, explique l’actrice. Par exemple, on a souhaité que je grille une cigarette dans une scène, mais nous ne l’avons finalement pas fait parce que Diana détestait la fumée. En revanche, l’épisode de sa vie auquel le film fait écho a tellement fait l’objet d’interprétations contradictoires que nous avons aimé jouer sur ce mystère. Tout le monde voulait la connaître, mais, ironiquement, et tristement, personne ne pouvait prétendre la connaître vraiment. »

PHOTO FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Spencer, de Pablo Larraín, n’a rien du drame biographique classique.

Quand la princesse de Galles est morte tragiquement dans un accident de voiture survenu dans le tunnel passant sous le pont de l’Alma à Paris en 1997, Kristen Stewart était une fillette. Elle a grandi en gardant l’image d’une femme simple, honnête et ouverte d’esprit, chez qui on dénotait un certain malaise parce qu’elle était incapable de tricher et de cacher quoi que ce soit. Comme un fil constamment sous tension.

« Il est d’ailleurs complètement paradoxal de constater le mal-être d’une femme qui avait pourtant une aisance exceptionnelle pour approcher les gens, les faire se sentir bien. C’était inné chez elle, comme un talent naturel. »

Un tournant ?

Depuis le lancement de Spencer à la Mostra de Venise, plusieurs observateurs affirment que Kristen Stewart offre une composition digne d’une citation aux Oscars. Aux yeux d’une actrice dont la carrière a commencé à l’âge de 9 ans, il est difficile de déterminer si ce long métrage marquera un tournant, mais il est certain que le rôle qu’elle y tient fait assurément partie des plus importants qu’elle aura joués. Ayant grandi sur les plateaux de cinéma grâce à ses parents, tous deux faisant partie d’équipes de production, Kristen Stewart n’aurait pu entrevoir sa vie ailleurs.

« Je crois avoir été contaminée biologiquement ! dit-elle. Petite, j’ai insisté auprès de ma mère pour qu’elle me laisse passer des auditions. J’étais extrêmement gênée et je trouvais là une façon d’exprimer des choses. Si ça n’avait pas marché en tant qu’actrice, je travaillerais sans doute dans un métier de cinéma, peut-être dans la direction artistique. J’essaierais en tout cas de me rapprocher des plateaux de cinéma le plus possible, ça, c’est sûr. »

PHOTO FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Kristen Stewart a eu le sentiment qu’il aurait mieux valu tout arrêter plutôt que de refuser le rôle difficile que lui a proposé Pablo Larraín dans Spencer.

Ayant maintenant franchi la trentaine et ayant accès à des rôles plus complexes, l’actrice hésite à parler de nouvelle maturité, mais elle apprécie l’éventail de personnages auquel elle a accès.

« Si je pouvais m’extirper de moi-même et me regarder de l’extérieur, je verrais sans doute une progression dont je suis fière. J’avoue que pour l’instant, j’aime vieillir. C’est une belle sensation. Comme si le cœur et l’esprit pouvaient enfin se rencontrer. Quant aux Oscars, ce n’est pas à moi de décider… »

Spencer prendra l’affiche en salle le 5 novembre.

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Mike Ward a gagné la dernière manche contre Jérémy Gabriel - Le Journal de Montréal

Mike Ward n’aura pas à payer 35 000 $ à Jérémy Gabriel, a tranché la Cour suprême en affirmant que l’humoriste n’a pas commis de discrimination en se moquant du handicap du chanteur dans le cadre d’un spectacle.

« Situés dans leur contexte, ses propos ne peuvent être pris au premier degré. Bien que M. Ward prononce des méchancetés et des propos honteux liés au handicap de M. Gabriel, ses propos n’incitent pas l’auditoire à traiter celui-ci comme un être inférieur », peut-on lire dans la décision rendue ce matin par le plus haut tribunal du pays.

Ainsi, après une saga de six ans où Ward a subi échec après échec contre la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, il a finalement eu gain de cause.

Victoire serrée

Mais sa victoire a été acquise de justesse. Car si la majorité des neuf magistrats de la Cour suprême -dont le juge en chef Richard Wagner- lui ont donné raison, quatre d’entre eux auraient maintenu sa condamnation.

« Les justifications avancées par M. Ward, à savoir qu’il n’avait pas l’intention de discriminer, qu’il traitait Jérémy Gabriel comme n’importe quelle autre célébrité et que sa liberté artistique en tant qu’humoriste lui conférait le droit de se moquer d’’un enfant handicapé, sont dénuées de fondement juridique », peut-on lire dans la dissidence.

La majorité des juges a toutefois tranché en faveur de la liberté d’expression qui « présuppose la tolérance de la société envers les expressions impopulaires, désobligeantes ou répugnantes », a-t-elle rappelé

Discrimination c. diffamation

Elle a également rappelé avoir été saisie d’un recours en discrimination, et non de diffamation.

« Le recours en discrimination n’est pas, et ne doit pas devenir, un recours en diffamation, rappelle le tribunal. M. Gabriel aurait pu intenter une action en diffamation. »

Photo courtoisie, Marie-Josée Boivert

Sans se pencher cet aspect, les juges majoritaires ont toutefois estimé qu’il n’y avait pas eu de discrimination dans les blagues de Mike Ward dans son spectacle d’humour, débuté en 2010 et présenté à 230 reprises en trois ans.

Pour dénoncer les « vaches sacrées » de qui on ne peut se moquer, Ward avait consacré plusieurs blagues sur le jeune artiste, notamment sur sa maladie causant une déformation du crâne et du visage. Jérémy Gabriel avait alors entre 10 et 13 ans et était surtout connu pour avoir chanté devant le pape Benoît XVI. 

  • Écoutez la réaction de Richard Martineau et Mathieu Bock-Côté sur QUB radio:   

« Ses blagues sur sa tentative de noyer M. Gabriel s’inspiraient de stéréotypes pernicieux voulant que les personnes handicapées soient des objets de pitié et des fardeaux pour la société dont on peut se débarrasser », ont rappelé les juges dissidents.

Ces propos avaient poussé le jeune artiste à s’isoler et même à avoir des pensées suicidaires.

Longue saga

Une plainte avait été déposée devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en 2015 et l’année suivante, un tribunal avait condamné Mike Ward à verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel et 7000 $ à sa mère à titre de dommages moraux et punitifs.

Photo d'archives

La cause avait été portée en appel, mais en 2019, le jugement avait été maintenu mis à part le dédommagement à la mère du chanteur. La décision n’avait toutefois pas été unanime : l’une des juges avait estimé qu’il n’était pas raisonnable de conclure que les commentaires de l’humoriste étaient discriminatoires.

Après avoir entendu les parties en février dernier, la Cour suprême a majoritairement penché dans cette direction.

Lors des audiences, l’Association des professionnels de l’industrie de l’humour était intervenue pour défendre la liberté d’expression des humoristes, craignant qu’un arrêt limitant leur « terrain de jeu » ne les pousse à de l’autocensure.

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Déguisements à l'école: la peur d'avoir peur - Le Journal de Québec

Quand c’est rendu que le ministre de l’Éducation fait une sortie pour se positionner CONTRE le bannissement d’un costume d’Halloween, c’est que les choses sont allées beaucoup trop loin. C’est pourtant ce qu’a fait Jean-François Roberge, hier, à propos du costume de Squid Game, interdit dans plusieurs écoles du Québec.

Cette sortie du ministre arrive quelques jours après que des écoles ont transmis aux parents une lettre du ministère de l’Éducation et d’autres acteurs du fabuleux monde de l’éducation. L’objectif de la lettre : aider les équipes-écoles à gérer l’HORRIBLE phénomène Squid Game.

Hystérie collective

Forts de cette missive, où il n’est nullement question du costume en passant, certaines écoles semblent avoir vu là l’occasion parfaite de se débarrasser de cette patate chaude qui leur brûlait les doigts depuis des semaines. D’autres écoles ont décidé de faire confiance au bon jugement des parents. On les salue.

Mais parlons des établissements où on a interdit le costume tout en permettant les autres personnages horrifiques, les mariées cadavériques et les maquillages gore. Elle est où, la cohérence ? Je souligne au passage que le costume de Squid Game n’est nullement violent ni sanglant.

Tout interdire

D’autres écoles sont allées encore plus loin en bannissant tous les costumes violents ou faisant référence à des séries ou à des films. Vous avez bien lu : plus de superhéros, de zombies ou de monstres, parce que ce serait apparemment trop pour nos enfants. On fait quoi, on les déguise en pied de céleri ? C’est-tu assez consensuel et inoffensif, un pied de céleri ?

J’ai réalisé une entrevue avec une psy sur les effets des costumes violents sur les enfants. En gros, elle m’a dit qu’on était en train de transposer nos préoccupations d’adultes sur les tout-petits.

L’Halloween, c’est une fête de « transgression », une journée où l’on s’amuse à se faire peur. Les enfants sont intelligents. Ils sont capables de faire la distinction entre la réalité et la fiction. Sérieux, on est rendus très (trop) frileux.

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Déguisements à l'école: la peur d'avoir peur - Le Journal de Montréal

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Mais parlons des établissements où on a interdit le costume tout en permettant les autres personnages horrifiques, les mariées cadavériques et les maquillages gore. Elle est où, la cohérence ? Je souligne au passage que le costume de Squid Game n’est nullement violent ni sanglant.

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